Le harcèlement de rue

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J’ai mis longtemps avant de savoir comment écrire cet article. Je ne voulais pas passer pour une féministe sans foi ni loi. Je ne voulais pas passer pour une rabat-joie en fait. Et puis, j’en ai eu marre et je me suis dit que si cet article pouvait aider certaines personnes à comprendre quelque chose de fondamental alors il fallait que j’écrive tout de même sur ce qui me révolte à peu près tous les deux jours.

Je vous explique : encore aujourd’hui alors que je promenai mon chien tranquillement sur les bords de Loire, je me suis faite abordée (enfin si tel est le terme…). Le gars devait avoir à peu près mon âge et une petite semaine auparavant m’avait déjà adressé la parole en me faisant des propositions que j’ai refusé catégoriquement. J’ai donc essayé de l’éviter, sauf qu’il m’a repéré de loin avec mon petit chien, il a dû se dire :

_« Tiens, je la connais elle avec son petit chien, peut être que j’ai ma chance cette fois-ci ».

Et il m’a suivit en m’adressant la parole de façon incessante :

_« Hé Mademoiselle, bonjour, tu te rappelles de moi ? Hého ! Mademoiselle! ».

J’ai écouté les conseils de ma sœur :

_« Ne leurs parle pas, tu ne sais pas comment les gens peuvent réagir ».

Alors je ne lui ai pas parlé. Pendant deux bonnes minutes, je n’ai rien dit, pas un regard, pas un mot. Mais deux minutes à entendre ça derrière soi c’est long, très long même, alors j’ai craqué, j’ai dis

_« Quoi ?! »

Et là, il a recommencé avec des :

« Tu as le temps de me parler maintenant ? ».

A chaque question, je lui répondais négativement :

« Non je ne veux pas faire connaissance, non je ne veux pas coucher avec toi, non je ne suis pas raciste ».

Et je criais presque mes réponses pour que tout le monde entendent ce qu’il se passe. Oui oui, une jeune fille est en train de se faire emmerder par quelqu’un. Non non, personne n’a réagit.

C’est depuis que j’ai grandis, et que j’ai compris que tout le monde était dans son monde et ne se préoccupait pas de ce qu’il se passait autour d’eux que j’ai commencé à avoir peur. Avant, je me disais « Il ne peut rien arriver, il y a plein de monde autour de moi ». Sauf que cette façon de penser était erronée, qu’il y ait des personnes ou pas, cela ne change rien. Cette personne aurait pu me suivre jusque chez moi, savoir où j’habite et tout le monde regardait l’eau de la Loire comme s’ils y voyaient de l’or.

Alors j’aimerais dire à toutes ces personnes si elles lisent cet article que lorsqu’il se passe quelque chose comme ça sous vos yeux ne restaient pas sans rien faire. Quelqu’un qui suit une personne comme je l’ai été ce soir fait vraiment peur. Ne pensez pas que ce ne sont pas vos affaires, parce qu’après vous pourriez peut être lire dans le journal le lendemain matin « Une fille a été violée alors qu’elle rentrait chez elle ».

Est ce que j’étais habillée trop sexy ? Pas de doute la dessus, la réponse est non. Comment être sexy lorsqu’on a le plus gros manteau possible, des bottes bien chaudes et l’inévitable goutte au nez à cause de ce maudit froid ? Ce n’était donc pas ça qui me faisait endurer ces déclarations. Est-ce mon maquillage ? Non, parce que avec de la crème pour cacher mes boutons qui font éruptions malgré moi et un trait noir au dessus des yeux, je ne pense pas choquer personne.

Ce n’était donc pas mon apparence qui provoquait ça et encore moins ma personnalité vu que je ne connais pas l’harceleur. Alors pourquoi serais-je obligé de subir cela ? Est-ce censé être normal ? Si ça se trouve c’est moi qui n’est pas la chance d’apprécier ce genre de chose mais je me refuse de croire qu’être réduit à un animal pendant (parfois) certes une fraction de seconde peut être apprécié.

On parle de plus en plus du harcèlement de rue. Beaucoup de youtubeuses s’en plaignent sur les réseaux sociaux par exemple.

Mais qu’est ce que c’est ?

Mon cher ami Wikipédia définit le « harcèlement de rue » comme :

« Traduction de l’anglais street harassement, est utilisée dans certains milieux féministes en Europe et en Amérique du nord pour désigner des pratiques de harcèlement sexuel, subies par des femmes dans l’espace public (lieux publics ou transports publics) de la part d’inconnus de sexe masculin. ».

Je suis d’accord globalement : le harcèlement de rue permet bien de désigner des pratiques de harcèlement sexuel mais pas seulement QUE POUR LES FEMMES et surtout pas que par les féministes. Et oui, les hommes aussi en subissent même si c’est effectivement plus rare, tout comme les hommes battus, violés, volés existent.

Le harcèlement de rue s’étend d’une agression verbale à une agression physique.

On a donc les monologues intempestifs : « Bonjour, vous êtes charmant(e), vous auriez un numéro de téléphone ? Aller s’il vous plaît. Vous pourriez me répondre tout de même, je ne vais pas vous manger »  (et encore c’est un monologue assez soft que je vous ai présenté ici je trouve) ; ou encore les mains aux fesses dans le métro, le bus (remplacez par n’importe quel lieu public), mais aussi les choses assez simple comme lorsque la sphère d’intimité n’est pas respectée alors qu’elle devrait l’être. Et il existe des lois liées au harcèlement de rue, donc si quelqu’un vous touche les fesses ou qu’elle vous fait des propositions obscènes, allez voir la police avec un témoin.

Alors mesdames, messieurs

Si vous êtres persuadés que vous venez de croiser l’homme ou la femme de votre vie appliquez-vous à l’aborder avec délicatesse et respect. Si la personne ne semble pas intéressée, n’insistez pas !.

Pour plus d’informations :

Allez ici pour voir le site officiel.

N’hésitez pas à aller voir ce site aussi : Projet crocodiles et plus particulièrement cette page. Il parle du harcèlement de rue mais aussi de plein d’autres problèmes qui concernent notre vie de tous les jours et tout ça avec une BD très marrante !