Cours taire les hommes faibles …

par

(je dédie cet article à mes soeurs Clémence [qui m’a un peu soufflé l’idée de l’article] et Ambre [qui aimerait manier le fer à repasser, vous allez comprendre] !)

Salut les jeunes ! Bon ça y est, je me suis un peu calmé. De deux choses l’une : soit je me suis enfin décidé à respecter notre lectorat, soit j’ai fini par considérer que je n’écris pas assez ici pour que vous puissez apprécier cette sale habitude que j’ai d’insulter les gens dont je kiffe le boule. D’ailleurs, pour vous prouver tout le love dont je suis capable, je vous mets un morceau rempli de sucre et de miel.


Comme les plus concentrés ont pu le constater, j’ai cette méchante tendance à venir déféquer une horloge de grand-mère dans ces pages quand il me vient de la fièvre, surtout après les incidents que notre nation a connu au début du mois de janvier, vous voyez tous de quoi je parle … Rassurez-vous, ça va mieux de mon côté. Et même si aujourd’hui, je veux traiter mon article de manière jeune, cool, fun et détendue, cette article n’échappera pas à la règle qui veut que je verse du fiel contre quelque chose (en l’occurence, plutôt quelqu’un) car comme dirait le philosophe Brian Joubert à ses sponsors, « on ne change pas une équipe qui gagne presque ».

 

"L'important, c'est de participeeeeeeeeer"

L’important, c’est de participeeeeeeeeer

Je suis venu vous dire, non pas que je m’en vais, mais que je suis quelque peu sceptique face à la notion de clash. Pour ceux qui croient que de Gaulle est encore président du Conseil, je rappelle qu’un clash est une joute verbale ou une provocation à la limite ordurière (ou purement et simplement ordurière) d’un personnage public à l’encontre d’un autre, et relayée par un média quelconque. Pour faire une connexion avec un sujet de conversation que j’apprécie (on a tendance à l’oublier, mais je rappelle, et surtout pour moi-même, qu’il s’agit de la musique), le concept de clash est né du rap car ses interprètes ont l’habitude de profiter de leurs enregistrements pour provoquer d’autres rappeurs si leurs styles s’y prêtent. Et aussi s’ils n’ont pas peur de risquer de voir les salariés qui écoulent leurs produits dérivés se faire casser la gueule. Suivez mon doigt.

Qu’il soit lié aux milieux politique, culturel, le clash est toujours médiatique puisqu’il a vocation a être entendu par la masse que nous représentons tous ensemble. Ainsi, il nécessite d’être relayé par la presse papier, les télévisions, la radio, et évidemment notre incontournable Internet et plus largement les réseaux sociaux. Simplement et personnellement, ce genre de saillie a toujours tendance à m’agacer, parce qu’il peut avoir plusieurs motivations dont aucune ne me semble justifier de chercher des noises (A TOI LE JEUNE : ça veut dire chercher la merde) à son prochain. Au risque de passer pour le Gandhi que j’ai toujours un peu été, je considère les choses ainsi : que l’on soit concurrent politique, sceptique face à une démarche artistique ou une prise de position, ou simplement que l’on ne soit pas d’accord avec un autre, il n’est pas nécessaire d’exprimer les choses de manière « spectaculaire » sur l’espace public. Par pure publicité, envie de blesser ou de faire rire, cette escalade du clash me fait chier, excusez du peu.

Ce qui me gêne également, c’est que j’ai la sensation que certains médias mutent en ce sens qu’ils semblent tentés de provoquer ces clashes en relayant les fameuses « petites phrases », et en allant rechercher la réponse du clashé en lui faisant miroiter un droit de réponse avec l’espoir de recueillir une autre perle. De là à dire que les médias alimentent l’antagonisme des personnalités politiques de bords divers avariés (c’est pas une faute, hein, je n’en fais exprès) pour faire du sensationnalisme au lieu d’être un réel contre-pouvoir et de nous offrir le droit de comprendre l’incompréhensible, il n’y a qu’un Rubicon que j’aurais bien franchi si je ne m’éloignait pas aussi rapidement du sujet que je voudrais aborder que Gérard Depardieu ne s’éloignerait d’un contrôleur des impôts muni d’une bouteille de Contrex.

Je conclus très rapidement pour qu’on soit bien clair : je n’ai rien contre la provocation quand celle-ci a un fond et une forme correctement amenée. Voilà.

Si je vous raconte tout ça, c’est à cause de Jean-Louis Murat. Pour comprendre mon sentiment si vous ne connaissez pas cet artiste, M. Murat est un chanteur français qui a bercé mon enfance. Et ce monsieur a contribué à la croissance de ma culture musicale et probablement à l’installation dès mon plus jeune âge de l’envie de faire de la musique. Ma mère en est très fan, et ceci explique donc cela … Je vous passe une anecdote croustillante qui raconte qu’un gamin de trois ans à peine faisait du playback en slip en jouant de la guitare avec un coussin.

 

Moi et ma soeur ... Arrêtez de la reluquer, elle a trente ans !

Moi et ma soeur … Arrêtez de la reluquer, elle a trente ans !

Même si je reconnais une forme de connexion affective avec l’oeuvre de ce monsieur, je n’ai jamais été très fan. Pourtant, son oeuvre comporte des qualités indéniables, essentiellement en matière d’écriture (quoique les textes soit un peu déprimants … ce qui a en général plutôt vocation à me plaire, mais bon) et d’arrangements musicaux. Je vous suggère par ailleurs un de ses plus récents morceaux, « J’ai Fréquenté la Beauté », qui illustre assez bien ces qualités à mon sens.

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Et le rapport entre le clash et Jean-Louis Murat ? Et bien, voici le SMS que j’ai reçu hier de la main de ma seconde grande soeur. Attention, vous pénétrez dans ma sphère privée. Euh, attendez …

Bienvenue chez moi.

Bienvenue chez moi.

Je pense que tout est dit. Je dois donc commencer par vous avouer que c’est l’anniversaire de ma mère samedi, pour lever le grand doute qui vous taraude. Ensuite, je pense que ma frangine a capté ma manie de mettre des hashtags débiles sur Twitter et Facebook, alors je la remercie pour l’effort, j’ai vraiment rigolé !

Bon … blague à part, le pire n’est pas vraiment le propos, aussi stérile et idiot qu’il soit, mais qu’il semble être un morceau choisi d’une biographie de ce type qui, au cours de ses trente ans de carrière, aurait pris la méchante habitude de semer, apparemment parmi tant d’autres, des punchlines stupides du style :

« Renaud est si con qu’il pourrait s’appeler Citroën »

« Pour la grippe A y a des vaccins, pour Renaud l’euthanasie »

(à propos des Enfoirés) « une espèce de mafia avec Gold­man dans le rôle d’Al Capone »

et il qualifierait donc Sir Macca de « Jacques Chirac de la chanson »

Bon, soyons nets et précis. M. Murat, vous avez conquis, je pense, le respect de beaucoup d’artistes français pour une carrière que certains envient probablement. Vous n’avez rien volé, vous êtes très certainement un acharné du boulot, mais j’aimerais savoir si vous ressentez un quelconque regret au regard de l’attitude et des mots que vous avez pu avoir pendant votre carrière … Parce qu’à titre personnel, j’aurais la sensation d’être un triste être humain si j’avais livré de tels propos au cours de ma (courte pour le moment) existence. A titre personnel, je me demanderais pourquoi un groupe Facebook a pu exister, réunissant des personnes réclamant de voir ma tête éclatée par un fer à repasser (fait véridique) … A titre personnel, je ne me serais certainement pas livré à une attaque contre Paul McCartney qui, quand bien même il entendrait cette piqûre de moustique un jour, se demandrait quel espèce de guignol puisse se permettre, non pas d’attaquer l’homme aux centaines de millions d’albums que vous ne serez jamais, mais de lancer ce genre de sentence de bassesse à un autre être humain. Pire encore, si ces propos étaient retenus dans ma biographie et que des médias de pointe comme Gala ou Télé-Star se montraient en première ligne pour s’en faire l’écho.

Ceci étant dit, je ne m’attendais pas à grand-chose de plus d’un type qui me faisait danser en slip à trois ans sur le parquet de mes parents sur « Cours Dire aux Hommes Faibles ». J’ai toujours détesté danser.