De l’odeur du fromage, des pieds et de leur ressemblance

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Aujourd’hui, nous allons répondre à une question existentielle dont, je suis sûr, vous ne soupçonniez même pas l’existence avant que je la pose : pourquoi les pieds et le fromage ont-ils cette si proche odeur ? N’est-ce pas que vous voulez connaître la réponse ? chaussures_usees Attention, je parle du fromage bien fait, plein d’arômes et d’effluves odorante, pas du babybel aseptisé. Egalement, je parle du pied qui a transpiré toute la journée dans sa basket, pas du peton tout propre à la sortie de la douche.

Un des derniers bastion Français.

Un des derniers bastions Français.

C’est une histoire de bactérie. Nos pieds transpirent – plus que le reste du corps – en réponse à la chaleur mais aussi au stress. De plus, enfermés qu’ils sont dans les chaussures, l’humidité macère à une température idéale pour la prolifération bactérienne. Une vraie étuve. De plus la peau, pleine de peaux mortes et de sels minéraux apportés par la macération est un vrai restaurant à bactérie. Par exemple, les genres micrococcus et brevibacterium friands de kératine dont la dégradation produit de l’acide isovalérianique et du methanetiol (ou  »odeur choux pourris »). Il y a aussi les corynebacteri qui dégradent les molécules lipidiques produitent par la peau en composés odorants. Enfin, il est bien connut par le grand publique qu’il existe des staphiloccoques sur la peau. Epidermidis (rarement pathogène) mais parfois aussi Aureus (le terrible staphylocoque dorée parfois responsables de furoncles ou d’infections nosocomiales)

Il s'agit également de la phéromone qui permet au chat de marquer son territoire en urinant. Charmant.

Il s’agit également de la phéromone qui permet au chat de marquer son territoire en urinant. Charmant.

Voilà réglée la question des pieds. Concernant le fromage, il s’agit de lait coagulé par une enzyme (la pressure) puis – en ce qui concerne ceux qui  »sentent » – la fermentation de ce lait par des bactéries…. Quelles bactéries ? Mais de proches cousines de celles présentent sur le corps humain ma bonne dame ! Nous avons du micrococcus, du staphyloccoque, des brévibacteri, du corynebactérium, du lactobacille (comme ceux qui montent la garde dans le vagin des mesdames et s’opposent à leur colonisation par des germes pathogènes)…. Alors, certe ce sont des staphyloccoques carnitis et non epidermidis, des brevibacterii linens et non epidermidis ou caseii, etc…. Mais la très grande proximité entre les flores bactériennes humaine et fromagère explique les ressemblances d’arômes. Une preuve ? Le travail réalisé en collaboration entre la chimiste norvégienne Sissel Thomas et la biologiste américaine Christina Agapakis. Elles ont réalisé des fromages à l’aide de bactéries collectés sur le corps humain…

Elles n'ont pas poussé le vice jusqu'à goûter leur création.'

Elles n’ont pas poussé le vice jusqu’à goûter leur création.’