Et si on disait qu’ils n’étaient pas musulmans ?

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Mon premier réflexe à l’annonce de la tragédie d’hier aurait été de publier les fameuses caricatures de Charlie Hebdo

Qui faisaient couler beaucoup d’encre et qui ont tristement fait couler le sang.

 

Comme un défi, comme pour prouver qu’ils n’arriveront pas à faire taire la liberté d’expression. Pour afficher bien haut ce symbole qu’ils voulaient faire disparaître.

 

Mais en fait, non.

 

Ces dessins faisaient débats. C’est sain. La justice avait tranché en faveur de Charlie Hebdo en France – alors que dans les pays anglo-saxons ces caricatures n’étaient pas publiées – et c’est comme cela que ça se passe dans la civilisation. Propager massivement ces dessins, maintenant, c’est faire comme si le geste terroriste concluait la polémique. Comme si l’horreur était un argument. Et, non, c’est faire trop d’honneur à ces gens que de les inclure dans nos débats.

Je pense que ces caricatures étaient légitimes – d’un point de vue liberté d’expression – mais je peux comprendre que cela puisse blesser un croyant. Comme ce genre de caricatures pourraient gêner un chrétien. Et, aujourd’hui, je ne pense pas qu’il faille diviser, blesser le principal rempart contre l’extrémisme religieux : la grande masse des croyants normaux.

J’irais même plus loin. Je ne veux pas blesser les musulmans, d’autant plus que je ne pense pas qu’on puisse considérer ces personnes comme faisant parti d’un courant de l’islam. Soyons clair, ces gens se réclament de l’islam et c’est la responsabilité des musulmans de combattre ce qui souille leur religion. Mais, les meurtriers n’étaient pas musulmans.

 

Je vais faire une petite digression pour illustrer mon propos. Il  y a quelques années j’ai été en vacances dans les gorges du Verdon. Il y existe une secte qui vénère le Jésus cosmique. Bien, ces gens se réclament du christianisme mais je n’ai pas pensé : « ah les con ces chrétiens ! Le Jésus cosmique, quel débilité ! » Ben, non. Cette secte n’a rien à voir avec le christianisme. Je suis bien triste de ne trouver aucune photographie du jésus cosmique.

Là, c’est pareil. Ce ne sont pas des musulmans. Et ce n’est pas moi qui le dit.

 

Ici, nous avons 120 savants musulmans, d’un peu partout dans le monde et représentant souvent la plus haute autorité musulmane dans leur pays. Ces sages de l’islam prennent leurs responsabilités et expliquent en s’appuyant sur le Coran et la Sunna que l’islamisme de l’état islamique contredis point par point les textes saints de l’islam.

Lettre très intéressante et assez facile d’accès. C’est presque tragi-comiques : certaines thèses de l’islam terroriste sont issues d’une mauvaise maîtrise de la langue arabe par leurs créateurs qui ne sont pas capable de comprendre les subtilités du Coran.

 

Plus prosaïquement, et quelque soit l’interprétation des textes, les « djiahdistes » qui se proclament de l’islam originel ne respectent pas les traditions séculaires de l’islam tel que :

Lorsqu’il y a différence d’opinions entre plusieurs penseurs musulmans, l’opinion la plus miséricordieuse doit être retenue.

Les opinions les plus sévères et rigides ne doivent pas être considérées comme plus pieuses, religieuses ou sincères dans leur croyance.

La Charia ne peut aller que de paire avec l‘ijtihad (l’effort d’interprétation) qui vise à adapter les lois au contexte et à l’époque. La tradition musulmane considérant que les changements d’interprétations des lois sont voulues et prévues par dieu.

Et bien plus…

Les auteurs insistent à plusieurs reprises sur le fait que les premiers à souffrir des actes terroristes sont les musulmans eux-mêmes.

 

Ce n’est, bien sur, pas nouveau. Déjà dans les années 80′, le juriste égyptien et grand théologien Muhammad Saïd Al-Achmawi expliquait en quoi un Islam « politique » n’était pas l’Islam.