Square, une société au bord de la faillite.

par

A. La naissance d’une épopée.

1. Square, une société au bord de la faillite.

Square qui deviendra par la suite Square-enix

Square est en 1987, une entreprise de jeux vidéo au bord de la faillite financière. Pourtant composée d’une bonne équipe, les jeux développés à l’époque par cette société n’attirent pas le public, avec des jeux tels que « TomSawyer Adventure ». La concurrence sur le marché est rude, et Enix, la société concurrente lance l’un des premier RPG pour le grand public « Dragon Quest » qui fait un carton sur la péninsule nippone !

Square allie fantasie et réalisations graphiques sublissimes

Square décide alors de se lancer dans une dernière fantaisie avant de rendre la clé sous la porte : associer l’ambiance « jeu de rôle » à un jeu RPG. Nait donc Final Fantasy, premier jeu de la saga. Effet de surprise, le jeu s’écoule à plus de  520 000 exemplaires, rien qu’au Japon. La société va rebondir est aussitôt sortir, l’année d’après le 2e opus, qui aura plus de succès que son grand frère et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui où le succès est toujours au rendez-vous (et les fans toujours plus nombreux).

Vincent Valentine

Le premier Final Fantasy voit le jour en 1987 et rencontre un très gros succès. Fort de ce succès, Square peut se    permettre de créer une troisième équipe de développement, et en 1988, Aoki prend la tête de l’équipe « C ». Afin de s’implanter en Amérique du Nord, Square crée en mars 1989 une première filiale à l’étranger avec Square Soft, Inc.  b asée à Redmond aux États-Unis (État de Washington). Elle est chargée de la traduction et de l’édition des jeux dans ce pays.

En 1990, l’équipe de Square travaille sur plusieurs projets en parallèle mais se concentre d’autant plus sur le 3e opus de la série, Final Fantasy III et qui marque l’apogée de la Famicom* grâce à une réalisation graphique et sonore de grande qualité pour l’époque. (*Famicom = NES)

L'horizon d'aventures est infini

En 1990 aussi, c’est la sortie au Japon de la Super Famicom (Super Nintendo chez nous) offrant de nouvelles possibilités pour l’équipe de Square. En parallèle, la société développe Final Fantasy IV qui sort en 1991, connaissant comme les autres, un énorme succès. Pour l’époque, le jeu était particulièrement surprenant notamment grâce à son scénario et les graphismes, ultra travaillés et poussés.

On se croirait dans la réalité

En 1992, c’est l’apogée : Square donne le jour à Final Fantasy V, vendu seulement au Japon, totalisant 2 500 000 exemplaires vendus. Pour une démographie de 123 000 000 d’habitants à l’époque, c’est une vraie prouesse, propulsant définitivement Final Fantasy au rang de saga culte.

Light, héroine de FF XIII

Le dernier Final Fantasy sur Super Famicom sort en avril 1994, il s’agit de Final Fantasy VI, le premier épisode à ne pas être dirigé par Hironobu Sakaguchi lui-même. Yoshinori Kitase et Hiroyuki Ito prennent sa place mais cela n’empêche pas Final Fantasy VI d’être de très bonne facture, à tel point que nombreux sont les fans le considérant encore comme le meilleur de la série.

Dans Final Fantasy VIII, venez déloger la maléfique sorcière, Ultimecia

Alors que les nouvelles consoles dernières générations commencent à être développées, Sony met son grain de sel dans la conception des Final Fantasy. Proposant une technologie plus avancée et plus adaptée (le support CD contre les cartouches), les développeurs de Square pourront d’ores et déjà proposer à leur communauté des cinématiques et un moteur de jeu plus puissant. C’est donc en 1995 que Sony négocie avec Square afin d’avoir l’exclusivité des jeux Square et le quasi-monopole et abandonne Nintendo. S’ensuit le raz-de-marée qu’est Final Fantasy VII, qui arrive en janvier 1997. Il provoque un séisme sans précédant dans l’histoire de la série. Et pour cause, c’était le premier épisode fait à la manière d’un blockbuster hollywoodien, à grand renfort de séquences cinématiques époustouflantes pour l’époque, d’un scénario bourré de rebondissements et surtout d’un casting devenu mythique. Le résultat n’a rien d’étonnant : au 31 mars 2003, 9 340 000 exemplaires s’étaient écoulés dans le monde entier, le plus gros succès de la firme.

Yuna renvoit les esprits égarés vers la lumière, pour le repos éternel

En juin 1999, Square créé plusieurs filiales destinées à perfectionner chaque aspect de ses jeux. Ainsi naissent Square Visual Works (pour la création visuelle), Square Sounds (pour la création musicale et sonore), Squartz (pour l’assurance qualité) et Square Next (devenu The Game Designers Studio par la suite). Ces filiales ont finalement fusionné avec Square ensuite.

Final Fantasy Crystal Chronical, une série à part des FF

1999, c’est aussi la sortie de Final Fantasy VIII qui ravira les fans. Contesté par son scénario qui semble léger (aux premiers abords), il est époustouflant graphiquement et techniquement.

Squall défiant son rival Seifer

Le 29 janvier 2000, Square organise à Tokyo une conférence nommée Square Millenium, destinée à présenter les projets futurs de la firme, notamment concernant les consoles de nouvelle génération. Sony se prépare en effet au lancement de la PlayStation 2, en mars 2000. Square marque un grand coup lors de sa conférence en levant le voile sur trois Final Fantasy en même temps, à savoir le IX, le X et le XI, et en affichant clairement ses intentions : se tourner vers le jeu en ligne.

Final Fantasy voit la naissance de méchants très charismatiques, presque attachants!

C’est en mai 2002 que Square lance le réseau PlayOnline, et par la même occasion Final Fantasy XI sur PlayStation 2. Les chiffres de vente restent assez faibles pendant quelques mois, dépassant difficilement les 100 000 unités. Mais le lourd équipement requis pour jouer sur PlayStation 2 (disque dur, clavier) explique ces faibles chiffres. Il faut attendre la sortie PC du jeu à la fin de l’année et surtout son arrivée en Amérique puis en Europe pour booster les ventes et finalement atteindre les 500 000 abonnés à PlayOnline en mai 2004.

Comme de héros physiquement très beaux

Fin novembre 2002, les deux sociétés rivales Square et Enix créent l’événement en annonçant leur fusion, à la date du 1er avril 2003. Yoichi Wada trouve ainsi là le meilleur moyen de remonter la pente après le désastre du film Final Fantasy : cette fusion, dans laquelle chaque parti trouve son compte, permet à Square, maintenant nommé Square Enix, de devenir l’une des plus grosses sociétés de jeux vidéo au monde, en détenant des licences extrêmement juteuses : non seulement Final Fantasy et Dragon Quest, mais aussi les jeux de tri-Ace (Star Ocean) et Game Arts (Grandia) qui étaient auparavant produits par Enix.

En 2003 Final Fantasy X-2 marque la première suite directe à un épisode de la série et comble ainsi un certain vide de Final Fantasy hors ligne entre le X et le XII, même s’il provoque une grande polémique quant à son orientation plus légère que le jeu original. En novembre 2003, Square Enix connait son premier coup dur : sa filiale DigiCube fait faillite suite à des pertes considérables. La cause invoquée à l’époque par les dirigeants vient du trop long retard (déjà) accumulé par Final Fantasy XII, mais il y a fort à penser que DigiCube avait beaucoup perdu de sa compétitivité.

Zanarkand, ville natale de Tidus, est attaquée par Sin

L’élargissement des perspectives de Square Enix passe surtout par la multiplication des plateformes de développement. Après être passé sur PlayStation 2, puis GameCube, sans oublier les portables WonderSwan Color et GameBoy Advance, Square Enix se penche grâce à l’ex-Enix sur la création de jeux pour téléphones mobiles.

Chaos, dieu de la destruction

C’est en mai 2004 que le président Yoichi Wada évoque pour la première fois l’idée de polymorphie, qui anime depuis lors les nouvelles créations de Square Enix. Le concept est simple : autour d’une idée de base, plusieurs projets sont réalisés dans des domaines différents, allant du jeu vidéo au manga. La première représentation de ce concept de polymorphie est la Compilation of Final Fantasy VII, lancée en automne 2003 avec le dévoilement du projet de film Final Fantasy VII Advent Children. En se basant sur le jeu le plus vendu de la firme, l’équipe de développement dirigée par Yoshinori Kitase et Tetsuya Nomura compte bien satisfaire les attentes des fans. Ainsi, en 2004, Square Enix lève le voile sur trois autres projets inspirés de Final Fantasy VII et explorant chacun des voies différentes : Before Crisis, un jeu en réseau sur téléphone mobile, Dirge of Cerberus, un jeu d’action sur PlayStation 2, et Crisis Core, un Action-RPG sur PSP (PlayStation Portable).

Final Fantasy, c'est beaucoup d'émotions. Ici, Cloud, coulant le corps inanimé d'Aerith dans le temple des Anciens

L’E3 2005 est également l’occasion pour Square Enix d’assurer sa fidélité à Sony en déclarant poursuivre le développement de la saga Final Fantasy sur PlayStation 3. Nintendo, enfin, n’est pas en reste, puisqu’un nouvel épisode de Final Fantasy Crystal Chronicles est annoncé sur la Revolution (= Wii). Au sortir du salon, la société a gagné une raison supplémentaire de continuer son élargissement. Hiromichi Tanaka, au cours de l’événement, annonce également le développement d’un nouveau MMORPG pour Xbox 360 et Windows Vista, préparant ainsi déjà la suite de Final Fantasy XI. Il faudra néanmoins encore attendre avant de découvrir les vrais plans de Square Enix pour les nouvelles consoles de salon.

Au Japon, l’annonce d’un nouveau FF, c’est un peu comme une fête dans le monde du jeu vidéo.  Depuis Final Fantasy VI, Square s’efforce de proposer, à chaque fois, des jeux qui utilisent à fond les capacités de la console. De plus, à chaque nouveau volet, le système de jeu et le scénario sont totalement différents de l’épisode précédent. La saga n’est pas prête de s’arrêter, surtout sur un marché toujours plus grand et toujours plus demandeur.

NB : Square/Square-Enix ont toujours développé une tripoté de jeux en même temps que les Final Fantasy, et ont aussi participé à d’autres projets comme des films, manga et magazines. Mais le sujet de l’article est bien Final Fantasy en tant que jeu. Une brève partie sera consacrée aux projets annexes de Square.

 

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