Glaucus atlanticus

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Merci à Cindy pour l’idée de cet article

Glaucus Atlanticus

Mais quel est cet étrange pokémon dont les graphistes se seraient surpassés à dessiner ? Eh bien, malgré les apparences, malgré ce corps métallique au design très épuré, malgré la difficulté d’imaginer cette chose évoluant dans l’océan… cet animal est réellement l’œuvre de la vie et de l’évolution !

Cet animal, le Glaucus atlanticus, d’où provient aussi le mot « glauque » (ce n’est pas mérité), est en réalité un mollusque gastéropode, de l’espèce des nudibranches (voir références), il est souvent décrit pour ses formes et ses couleurs impressionnantes dans le monde vivant. En même temps, j’ai d’abord pensé à un « fake » la première fois que j’ai vu une photo, avant de voir qu’il en existait des vivants et bien bougeant.

Ces merveilleuses bestioles évoluent lentement à la surface de l’eau… Ce n’est pas très vivace. Cependant grâce à cette vidéo, je peux faire la transition entre le Glaucus atlanticus et le Glaucus marginatus, très ressemblants au niveau des formes et des couleurs, le marginatus est plus petit comparé à l’atlanticus. Vous voyez, pas besoin d’aller sur Pandora pour y découvrir des choses magnifiques!

Pour en revenir à notre sujet, le Glaucus atlanticus est un animal vivant dans les eaux chaudes et tropicales, et est hermaphrodite, comme tous les nudibranches (c’est à dire qu’il peut jouer le rôle de la femelle, et du mâle, en même temps). Les escargots, qui sont des gastéropodes, peuvent aussi inséminer et se faire inséminer simultanément. Et ouais.

Décrit par nombreux naturalistes français, le Glaucus atlanticus fait souvent l’objet de petites attentions de la part de nos chercheurs:

–  » Le charmant animal qui forme le genre Glaucus a dû frapper tous les naturalistes navigateurs, par la grâce de ses formes, et par l’éclat et l’agréable assortiment de ses couleurs. » Georges Cuvier, 1805

–  » Les organes sensoriels de G. atlanticus sont très peu développés, ce qui n’est pas [surprenant] chez un mollusque pélagique flottant sans but à la surface des eaux  » selon Albert Vayssière.

Et c’est sûrement pour cela qu’un promeneur sur une plage d’Australie découvre une centaine de ces bestioles échouées sur la plage. Le tout en vidéo:

Alors oui, je le crie haut et fort: la nature est plus riche et fournie que les designeurs chez pokémon. La preuve en vidéo avec cet épisode du point culture:

Avec ce genre d’exemple, on peut supposer que la nature ait décidé de mettre de côté le caractère « utilitaire » des espèces au profit d’une espèce belle, harmonieuse, sans conscience. Mais la nature a bien fait les choses. Puisque cet animal doit avoir une espérance de vie équivalente à celle d’un carré de chocolat dans un pain au lait, l’évolution à sélectionné naturellement les individus se reproduisant beaucoup. A cela s’ajoute le fait que ces individus soient hermaphrodites, et peuvent donc se reproduire avec n’importe quel autre individu de la même espèce: ainsi, un individu perd toutes les contraintes liées au sexe : pas de problème pour trouver un partenaire sexuel, pas de problème pour faire des millions de bébés d’un coup. Magique!

Et quand je vois ces animaux, je me dis que ce n’est que pour mon profit visuel… Les tons gris métalliques, blancs et bleus s’accordent à merveille. Les reflets de ces animaux à la surface doivent être la cible d’oiseau en quête de nourriture. Mais.. bon on s’en fout, c’est beau.

Références :

Pour vous faire plaisir, voici une petite galerie de ces merveilleux animaux!