I need you everyday …

par

Monsoir à tous (comme dirait Laurent Delahousse).

Voilà un article qu’il est bien opportuniste. « Oui, le boss appelle son pote à la rescousse, le niveau en perd, l’éducation c’est plus c’que c’était, toussa … »

 

BASTA

 

Oui, bordayl de meyrde, ça fait longtemps que j’ai posté un écrit de mon cru sur ce blog. Non, j’ai pas perdu l’envie, ni l’inspiration, ni même le temps. C’est simplement que je n’ai pas pas considéré que le thème était bon, ni le temps propice aux idées d’articles que j’ai pu avoir (entre autres le plagiat et une rétro sur mes 25 dernières années d’écoutes musicales) !

Oui, je vous aime trop, bande de chacals, pour vous imposer les choses. J’ai beau ne pas te connaître, toi, la troisième de mes couilles, que je n’ai pas envie de t’imposer mes humeurs tant je ne les impose pas aux personnes que je fréquente quotidiennement puisqu’il s’agit de mes parents presque cinquantenaires et de ma frangine presque collégienne.

Je vous respecte tant … Et pourtant, ce soir, à l’appel au secours du maître de ces lieux que je tiens personnellement pour ami, je me décide à vous faire part de ma pensée profonde que j’essaie d’enterrer depuis des mois pour ne pas polémiquer ici. Et pourtant, cet article super sur la médiocrité aurait du me mettre la puce à l’oreille … Je vous laisse constater par vous même la rupture du barrage.

 

« Salut, gros(se) con(ne).

Cette lettre ouverte t’es adressée parce qu’il y a un énorme paquet de choses que je ne comprends pas. Et plutôt que de libérer ma colère de manière saine et mesurée dans une chanson, un tableau ou autre chose, j’écris parce que rien ne me défoulera plus que d’écrire les choses et de les appeler par ce qu’elles sont. Je ne pouvais donc pas raisonnablement commencer ce courrier autrement que par ce « gros con » que nous sommes tous de toutes façons.

Je ne me suis jamais senti l’âme si noire de méchanceté et de jalousie que ces derniers jours. Et toi qui sait poser ta voix ? Et toi qui avait une situation, mais qui a choisi la passion ? Et toi qui cherche l’exclusivité avec chacun ? Et toi, imbuvable et incapable de relativiser ? Et toi qui fuit inexorablement ? Et toi qui sait garder l’amitié et l’amour ? Vous qui êtes si sûrs de vous, vous m’écœurez. Vous qui êtes si hésitants, vous me galérez.

Comme pour faire front contre notre sort commun inéluctable, l’Homme est devenu grégaire. Quel con ! Ajouter une sociabilité à une vie suffisamment difficile à porter avec ses propres défauts … Ou bien notre conscience collective est sérieusement abîmée ?

Parce que « nous, on … » est devenu une somme de « moi, je … », je vous déteste. Parce qu’on ne peut plus soutenir les regards des autres sans suspecter un jugement, je vous hais. Parce que nous mettons le bon droit, la procédure et le gendarme à contribution pour communiquer, je vous abhorre. Parce que tout va trop vite et que nous n’avons jamais été si seuls, je vous conchie.

Ah, la vitesse … Ça ne devrait pas nous effrayer, nous, les jeunes ! En tout cas, pas le (la) gros(se) con(ne) que tu es ! Impatience, ardeur, bonne volonté, autant de qualités qui nous font tout supporter … si on les traduit par « trouille au ventre », « perfectionnisme maladif » et « faculté à être la bonne poire » … Combien de fois ai-je pu entendre ce merveilleux leitmotiv hérité de personnes qui se souviennent avec leur petite larme d’une époque où on savait bosser, où pouvait bosser sans avoir la sensation de le faire pour conforter ses années d’études, son entourage, son portefeuille, et non son équilibre personnel ou ses valeurs … ce leitmotiv que je ne peux pas entendre : « tu t’en fous, t’es jeune ! »

Les jeunes sont des piles décérébrées, des créatifs formatés, des arbrisseaux élevés aux médias de masse et aux lasagnes Findus. Toi-même, étant un pur produit des années 90, incollable sur la première génération de Pokémons, qui a grandi aussi vite que la téléphonie a évolué, tu ne saurais dire pourquoi … mais tu partage à la fois des traits communs avec tes grands-parents, et des comportements de consommation comparables à ceux que tes jeunes cousins adoptent. Un corps de jeune adulte avec un état d’esprit de préado et la morale de nos aînés. De Gaulle n’aurait rien dit d’autre que « Vaste programme ! »

Une question que je me pose fréquemment depuis quatre, cinq ans, est de savoir comment le regret des temps révolus de la croissance économique et de l’école de la République peut s’installer dans les esprits de vingtenaires ? Plus que le chômage, les céréales au p’tit dej, la dépression ou la téléréalité, je perçois la nostalgie comme notre mal à nous, feignants abrutis de jeunes.

Et nous, gros cons que nous sommes, nous sommes pris en tenaille entre enfants déconnectés et adultes réacs dans cette société qui parle de groupes de personnes comme des maux nécessaires à traiter. Les retraités sont trop nombreux mais devraient transmettre leurs expériences. Les jeunes n’ont plus d’envie mais seraient les forces vives du monde de demain. Les enfants sont indisciplinés mais constitueraient les générations futures. Tout ça pour une poignée de dollars.

Parce que l’argent ! Nul besoin de verbe dans la phrase précédente, l’argent est tout, fait tout et a tous les pouvoirs. L’argent lavait les péchés au Moyen-Âge, il ordonne de tuer, d’exterminer, de génocider des hommes au nom du chiffre et d’une pseudo-idée, il asservit les valeurs et soumet les libertés, il a la seule valeur qui nous fait perdre celles qui valent le coup de se battre, il nous impose même sa loi après notre mort ! En guise d’années folles, nous vivons à mon sens des heures insensées.

Alors quoi ? On devrait arrêter de vivre sous prétexte que l’argent est là ? Jusqu’à preuve du contraire, il est une création humaine, un fantasme qui range notre temps, notre travail, nos vies à des valeurs arithmétiques ! Merde, il est temps de cesser de compter et de laisser vivre. Comme si les relations humaines étaient si simples qu’il fallait ajouter l’artifice pécunier juste histoire de les pimenter.

Je vous aime comme un fou au point de vouloir tous vous avoir pour moi, et je vous hais jusqu’à vouloir disparaître pour ne plus vous subir. Je vais fondre tous les fusibles disponibles à me fatiguer de m’excuser de parler, de faire montre de prudence, de rester braqué de peur et de regretter mes sursauts de mots  imbéciles. Et tout ça pour vous préserver de mes crises d’anhédonie, mes poussées d’urticaire quand je pense à l’avenir, de mon grattage de nez quand je suis mal à l’aise, ainsi que d’un paquet de choses que je vais cesser de lister si je veux dormir cette nuit.

La seule conclusion propre de tout ceci, c’est que le gros con, c’est bien moi.

 

                                                                        Des bises,

 

                                                                                                      Etienne »

 

Benji, je t’ai pas oublié … Je crois que je m’oublie tout seul. Mais surtout. SURTOUT. Ne crois pas que j’oublie les autres.

 

Quoique je dise, quoique je fasse, même si l’inconnu le plus obscur nous sépare … je vous aime.