Interstellar, j’ai aimé mais pas trop quand même

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Interstellar, le dernier film événement qui relate l’histoire d’explorateurs de l’espace en quête d’une nouvelle planète avait tout pour plaire mais n’a pas trouvé grâce à mes yeux. Mais c’est entièrement de ma faute.

Vous savez quand vous étiez petits et qu’arrivait Noël, quand vous aviez écrit votre lettre pour recevoir ce magnifique jouet de la morkitue de la part de ce gros bonhomme rouge qui faisait quand même vachement peur, et quand lorsque vous déballiez ce cadeau tant attendu, ne correspondait en rien à ce que vous aviez commandé? Voilà, Interstellar me fait un peu le même effet. C’est à dire que je me faisais une montagne de ce film. Une bande annonce qui dévoile mais sans plus, une intrigue balèze, de l’action, de l’aventure, de la physique, de la science, des relations humaines et une introspection métaphysique des protagonistes sur la condition humaine. De quoi attirer mon attention pour me faire venir au cinéma que je fréquente très peu, non par manque de moyen mais parce que je suis un éternel insatisfait des films que je vais voir. J’ai toujours un truc à redire sur ce que je regarde.

Interstellar, c’est long.

Je ne sais pas trop par où commencer pour parler de ce film, j’aimerai en dire beaucoup sans trop spoiler, mais ça va être chaud. Je préfère donc vous avertir, que si vous ne comptez pas voir le film ou si vous l’avez déjà vu, vous pouvez continuer à lire, sinon je vous déconseille de poursuivre votre lecture. On va commencer du début, le vrai début, le synopsis de Interstellar. C’est donc l’histoire de la vie qui cherche un « rocher » où se raccrocher, réplique fournie par Brand (jouée par la formidable et charismatique Anne Hataway). La Terre est ravagée par les maladies et par les tempêtes de poussières qui finissent par apporter mort et famines aux habitants. La seule échappatoire possible pour l’Humanité est de trouver un autre refuge. Se tournant vers le voyage spatio-temporel (autrement dit par l’utilisation des « trous de vers ») et les explorateurs de l’espace, l’Humanité envoie son dernier vaisseau dans l’espoir de trouver une planète habitable.

De la physique et de l’astronomie à un niveau assez poussée.

Avec Insterstellar, mon insatiable curiosité a été nourrie pendant tout le film. De formation scientifique, j’aime quand la science et la science-fiction se marient pour donner quelque chose de formidable. Ici, avec Interstellar, je dois dire que j’ai été plutôt servi. D’ailleurs à ce propos, j’ai déjà tenté de vous expliquer la théorie de la relativité générale mais j’ai également commencé une ébauche sur la théorie des trous noirs et des trous de vers (ces 2 infographies sont compréhensibles par n’importe qui), phénomènes de « science-fiction » particulièrement mis en avant dans le film. Jusque là, je suis heureux. L’alchimie opère bien. Je m’en doutais un peu d’ailleurs. J’avais vu les trailer : l’Humanité compte utiliser un trou de ver pour voyager loin, très loin, en tenant compte de l’espace-temps relativiste, où les plus belles théories de l’écoulement du temps donneraient de belles migraines (en gros : un trou noir, c’est très massif, la masse et la vitesse de rotation génèrent de la gravité, la gravité génère une déformation de l’espace-temps, le temps et l’espace s’écoulent moins vite dans un trou noir ou aux abords, donc lorsque les protagonistes approchent un trou noir, ils ne vivent pas selon les mêmes référentiels temporels que ceux restés sur Terre). Gymnastique intellectuelle disent-ils, mais même avec les bases les plus fondamentales, j’ai moi même encore du mal à me représenter le concept, alors j’imagine le premier quidam venu…

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Un scénariste épaulé aux 2/3 par des scientifiques, et abandonné pour le dernier 1/3 de son film.

Moi, j’ai bien aimé les 2 premières parties du film que je décompose ainsi : 1ere partie, on pose l’intrigue avec la nécessité d’aller trouver une autre planète. Avec la 2e partie, on fait de l’action, de l’aventure, de la science, etc. C’est génial. La 3e partie… je traduirai par WTF. Ouais. Un bon gros WTF de la mort. Pour ceux qui auront vu le film, ils sauront de quoi je parle. On va me reprocher d’être étroit d’esprit et vous pouvez en penser autant. Mais non, je ne suis pas d’accord, et je ne vous laisse pas sur le carreaux comme ça, je vais vous expliquer pourquoi.

Comme je l’ai déjà dit, la première partie pose l’intrigue du film. On s’attache aux personnages, on comprends le but du film, même si à la fin il est détourné pour une introspection plutôt personnelle du scénariste, mais enfin, les bases sont là. On mélange sciences, et science-fiction, et hop on passe à la 2e partie où on envoie tout ça explorer des planètes soit-disant habitables jouant avec les phénomènes de physiques, de théories quantiques, de paradoxes temporels, mêlant aventures, action et un peu de psychologie. Jusque là, j’ai compris que le scénariste voulait nous emmener voir son interprétation des trous noirs, phénomène observable mais non interprétable puisqu’à cause de sa force de gravitation, personne ne peut en voir l’intérieur (l’attraction est tellement forte qu’aucune lumière n’a assez de « force » pour en ressortir). Et là, je me dis qu’après avoir essayé d’être super cohérent pendant tout le film malgré les libertés prises avec certaines théories (mais qui je le rappellent sont importantes pour un film de science-fiction), j’allais avoir une magnifique interprétation de ce que l’on pourrait trouver au centre d’un trou noir.

Le scénariste à décidé d’écrire la fin de son histoire à l’acide.

Voilà, vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout aimé l’interprétation du scénariste sur l’intérieur d’un trou noir. Bien qu’il trouve normal de faire survivre un homme dans des conditions impossibles à la survie (pressions et chaleurs extrêmes, vitesses supra-luminiques) et qu’il faille quelques poussées de réacteurs de l’engin spatial pour ne pas subir l’attraction du trou noir, ce n’est pas ce qui m’a dérangé, au contraire. N’oublions pas que nous sommes dans une science-fiction. Ce qui m’a dérangé, c’est que le scénariste n’a pris AUCUN RISQUE dans sa conception de l’intérieur d’un trou noir. Il y décrit un univers régit par 5 dimensions (le temps, l’espace(3), et la gravité) où le héros peut, à la manière d’un voyage temporel, remonter et interagir avec son passé. Du paradoxe temporel, de la totale improvisation, de la métaphysique à son état le plus cristallin, de la vraie œuvre d’art contemporaine où l’on mélange tous les concepts et où la science est loin, loin, loin derrière nous… Fini le jonglage avec les sciences et la science-fiction, on entre pieds et mains liés dans l’esprit tordu et peu représentatif d’un scénariste qui nous tient maintenant en otage après 2h30 de film, simplement pour nous y montrer sa vision spirituelle de l’Humanité, de l’Homme et du reste.

Quand j’ai regardé Tree Of Life, j’y étais pour aller voir Tree Of Life.

Ce que je veux dire par là, et ce n’est pas métaphorique, c’est que lorsque je veux aller voir un film spirituel avec des conclusions spirituelles, je le fais. Avec Interstellar, on vous promet plein de truc, mais pas ça. ET PAF. Prend ça spectateur! Tu ne l’avais pas vu venir, mais j’te la colle bien profond dans ton être. Mais c’est trop tard, tu ne peux plus revenir en arrière… Vous l’aurez compris, je déteste quand on mélange les genres, et surtout quand on mélange pour ne pas se mouiller comme l’a fait le scénariste de ce film. Là où les scientifiques étaient incapables de lui répondre précisément sur ce qui pouvait se passer dans un trou noir, lui a décidé de prendre le parti prit qu’il s’y passerait absolument ce que tout le monde imagine et rêve déjà. Quand je vous disais que c’était une histoire de Noël…

Ouais mais quand même c’était bien.

Je veux quand même finir sur une note positive pour ce film. Mise à part la conclusion qui m’a laissé de marbre, j’ai quand même accroché pendant tout le film. C’était beau, c’était dense, c’était chouette et les acteurs sont magnifiques, d’ailleurs je veux donner mes plus belles félicitations aux jeux d’acteur des enfants (qui seront toujours plus charismatiques que 10 Matt Damon en colère). Mais que dit-on le plus souvent ? Qu’on ne lit jamais que les intros et les conclusions d’un devoir, et quand l’une d’elle est foireuse… Mais cela ne reste que mon avis !

Ah oui, dernier point : j’ai détesté la B.O.

Si ma critique vous a plus, vous pouvez toujours lire ma critique sur Piranha 3D