Le début de la photographie

par
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Il ne s’agit pas de l’original mais d’une reproduction papier. Remarquez l’éclairage bizarre, du fait des 8 heures d’exposition le soleil a eu le temps de bouger dans le ciel.

Le point de vue du Gras est la première photographie d’un paysage prise par Nicéphore Nièpce au dernier étage de sa propriété de Bourgogne en 1827 (ou 1826 moins probablement). Il aura fallut 8 heures d’exposition.

En réalité ce n’est que le premier Paysage en photographie, mais j’y reviendrais.

Nièpce, qui a aussi largement contribué à l’invention du moteur à explosion, est obsédé depuis plusieurs années par ce procédé qu’il met peu à peu au point. Il veut fixer la lumière sur un support physique pour reproduire une image.

Pour cela il essai depuis une dizaine d’année d’utiliser divers matières qui changent de propriétés à la lumière. En particulier, des oxydes métalliques qui noircissent à la lumière et forment selon leur exposition des contrastes de noirs et blancs, mais il y a un problème. Les résultats obtenues – les premiers négatifs puisque les parties claires sont les plus noircis – ne sont pas durables. En effet les oxydes métalliques continuent de noircir à la lumière et il n’y a pas de moyen de nettoyer le produit qui n’a pas réagis sans détruire le cliché.

Finalement, Nièpce imagine une autre solution. Il va utiliser des matériaux qui changent de propriétés physiques avec la lumière.

En 1822 il va réussir à reproduire des dessins. Pour ce faire il utilise une plaque de métal qu’il recouvre de bitume de judée qui a la particularité de devenir insoluble lorsque exposé à la lumière. Il place une gravure préalablement vernis – pour la rendre translucide – dessus et expose le tout au soleil pendant plusieurs heures. En rinçant (à l’essence de lavande), seule la partie protégée de la lumière par les traits du dessin s’efface et on a l’image en négatif. Même mieux, si l’on passe la plaque dans de l’acide, on grave le métal là où il n’est pas protégé par le bitume rendu insoluble par la lumière. Vous souvenez vous des circuits imprimés que vous faisiez en technologie au collège ? Hé bien c’est le même principe. Déjà, les plaques peuvent êtres reproduites sur papiers par les imprimeurs.

Il reproduit ce premier dessin en 1922 :

On peut considérer que c’est la première photographie mais c’est généralement celle que j’ai montré en tête de l’article qui est considéré comme tel.
Celle-ci c’est plutôt la première image scannée, et ainsi le scanner serait antérieur de 4 ou 5 ans à la photographie.

Pour prendre son premier paysage il utilisa le principe de la chambre noire – procédé déjà utilisé en peinture – pour exposer la plaque au soleil puis dissous le bitume soluble. Le résultat obtenue est en négatif avec la lumière de face, et en positif avec une lumière rasante car le vernis de bitume est mat. Et ça donne ça  :

A condition de 8 heures ensoleillement suffisant, et sur une plaque d’étain.

Si on regarde derrière nous, dans notre passé c’est l’image la plus lointaine qu’on ai. Avant, il s’agit de dessin, de peintures…

Autre image intéressante de Louis Daguerre, l’autre pionnier de la photographie, en 1838 boulevard du temple à Paris. On voit que la photographie a vite fait d’important progrès, mais surtout on y voit le premier homme photographié (à son insu).

A l’époque, il fallait encore plusieurs dizaines de minutes d’expositions et ça n’intéressait personne de se faire tirer le portrait par un photographe. Sur cette image les piétons et la circulation n’apparaissent pas, seul un homme qui se fait cirer les chaussures est resté immobile suffisamment longtemps pour être fixer sur le cliché. Cet inconnu n’a sans doute jamais su qu’il rentrait dans l’histoire…