Les cocktails les plus chers au monde, ou comment dépenser 100€ par gorgée

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Petit détour sur la planète luxe avec un podium des Cocktails vendu les plus chers au monde. Si si, c’est de très bon goût.

Top 3 : « The Salvatore’s Legacy » par le barman Salvatore Calabresse au Playboy club de Londre pour la modique somme de 8800£

Salvatore se prépare à faire un cul-sec

Salvatore se prépare à faire un cul-sec

Un verre contient les ingrédients suivants :

40 mL de Vieux Cognac Clos de Griffier 1788, ces bouteilles ne sont que les plus vieilles bouteilles de cognac encore existantes.

50 mL de liqueur Kummel de 1770, le Kummel est une liqueur allemande à base d’épice (un peu comme la chartreuse, le génépi, le gin…) particulièrement parfumée au Carvi. J’imagine que cette bouteille de 1770 a eu le temps de libérer tous les arômes des épices. Voir d’en inventer d’autres.

20 mL de Curaçao Dubb de 1860, qui n’est pas bleu puisqu’en 1860 on n’employait pas de colorant alimentaire « bleu brillant ». Pourtant, c’est rigolo, ça colore les urines en bleu.

Deux giclées d’Angostura bitter de 1900, incomparable avec sa version moderne (j’imagine).

 

Un « habitué » c’est empressé d’acheter le cocktail.


Pour la petite histoire, l’idée du cocktail lui est venue dans un grand moment de tristesse. Un client avait accidentellement cassé l’une de ces fameuses bouteilles de Cognac. Faut pas se laisser abattre.

 

Top 2 :

Le « Gigi », à Londre encore, et dans le même quartier que le précédent – Mayfair – à 9000£ le verre.

Cocktail présenté à l’ouverture du restaurant italien – un lointain parent de pizza hutt – éponyme.

Si vous voulez le reproduire à la maison il vous faudra :

Du champagne brut millésimé cuvée cristal de 1990, maison Louis Roederer que vous pourrez trouver ici.

De l’Armagnac Samalens Vieille Relique de 1888, pressez vous, il n’y qu’une seule bouteille à l’enchère.

Quelques feuilles d’or comestible, ce site en propose

Une pincée de sucre, je vous conseil du daddy parce que ça ferait un peu cheap d’y mettre du sucre premier prix.

Et une goutte d’Angostura bitter, je ne sais pas si c’est du tout venant ou une bouteille particulière.

De l'or à l'état liquide

De l’or à l’état liquide

 

J’ai précisé que Mayfair c’était un quartier plutôt chic ? Où on n’achète pas une propriété pour moins de 40 000 000£ ?

 

Top 1 :

Nous partons en Australie pour le « Winston » de Joel Heffernan à 13 000$. Notre grand gagnant.

 

C’est parti :

 

60 mL de Cognac Croizet « Cuvée Leonnie » de 1858. C’est juste le cognac le plus cher. Aux enchères, c’est monté à 157 000€ la bouteille ce qui nous fait déjà 6 000€ le shot.

Un trait d’Angostura bitter qui décidément est partout

15 mL de Grand Marnier Quintessence

10 mL de Chartreuse VEP (vieillissement exceptionnellement prolongé)

….

Et c’est pas finis ! Car ce cocktail n’est servit que sur un lit de truffes en chocolat aux différents arômes (noix de coco, passiflore, muscade, pavot, orange, rose) et de feuilles de vignes en sucre et chartreuse verte. Le tout sous une cloche avec de la glace carbonique aromatisée à l’orange, zeste de citron, anis et angélique. Pow pow pow.

Du coup, il faut le commander deux jours à l’avance pour tout bien préparer.

Ce cocktail n’aurait été commandé qu’une fois… Par un client qui ne l’aurait pas finis, car en retard pour en événement important plus tard dans la soirée.

 

Mention spéciale :

Le « Side-car » servit pour 400€ au bar Hemingway de l’hôtel le Ritz de Paris est le plus cher de France. Outre du jus de citron et du Cointreau (respectivement 2 et 3 cL) il contient du Cognac fine champagne de 1865 d’un cépage infecté par le parasite Phyloxerra.

Phyloxerra est une espèce d’insecte introduite accidentellement en Europe vers 1860-65 et qui ravageât l’ensemble du vignoble Français et nord-africain. Au final, le désastre économique sera bien plus lourd de conséquence à la fin du 19ème siècle pour la France que la perte de l’Alsace-Lorraine et la [très(très)] lourde indemnité de guerre qui lui fit payer l’Allemagne pour la défaite de 1870. Seul des croisements avec les vignes américaines naturellement résistantes permirent à la production viticole d’Europe de redémarrer.

Une fois infecté, un plan meurt en moyenne au bout de trois ans, pendant lesquels la production de raisin est famélique… Mais les quelques bouteilles de Cognac que les producteurs de Charente réussirent à produire à partir de ces vignes mourantes ont un goût très particulier et unique de truffe.

 

On est loin du fameux cocktail étudiant Vodka « On-Off » et jus d’orange à base de concentré  »Top-budget »