Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au Sultan Mahmoud IV de Turquie

par

Terminé par Ilya Repine en 1891

Ce tableau, visible au musée russe de St Pétersbourg rappellera peut-être à certains l’excellent RTS Cossack de GSC Game World car il s’agissait de la jacquette du cédérom.

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Ce tableau, où l’ont voit tous ces cosaques débraillés s’exclafant autour de l’un deux écrivant une lettre s’inspire d’une histoire très amusante.

Les cosaques zaparogues étaient des communautés installées au sud de l’ukraine (en Zaparoguie), indépendante -quoique théoriquement vassaux du royaume de pologne- et gouvernées démocratiquement par l’élection de leurs chefs et la prise des décisions en assemblée. Quoique leur fonctionnements et leurs objectifs variaient -agriculteurs, mercenaires, pillards- les groupes cosaques étaient définis par l’importance qu’ils attachaient à leur liberté et au sentiment d’appartenir à un même peuple.

Quoique initialement agriculteurs, les raids tatars et les conflits avec leurs puissants voisins les ont forcés à à s’organiser en communauté guerrières.

Bien qu’essentiellement formée de populations ukrainienne et polonaise fuyant la misère et la servitude du système féodale pour un système plus juste, la cosaquerie attirait également des aventuriers de toute l’europe y compris parmi la noblesse –  »faire le cosaque » était un très bon moyen d’acquérir une expérience militaire et un peu de prestige.

Concernant l’histoire mis en scène dans ce tableau, les cosaque Zaparogue reçoivent une missive du sultan de l’empire Ottoman qui leur demande de ce soumettre à son pouvoir sans combattre en ces termes :

En tant que sultan, fils de Muhamad, frère du Soleil et petit-fils de la Lune, Vice-roi par la grâce de Dieu des royaumes de Macédoine, de Babylone, de Jérusalem, de Haute et Basse Égypte, Empereur des Empereurs, Souverain des Souverains, Invincible Chevalier, Gardien indéfectible jamais battu du Tombeau de Jésus Christ, Administrateur choisi par Dieu lui-même, Espoir et Réconfort de tous les musulmans, et très grand défendeur des chrétiens,

J’ordonne, à vous les Cosaques zaporogues de vous soumettre volontairement à moi sans aucune résistance.
Quoique n’étant pas grands écrivains, les cosaques décident de lui répondre. Ils y mettent beaucoup d’imagination et c’est la scène de l’écriture qui est représentée par le peintre :
À Toi Satan turc, frère et compagnon du Diable maudit, serviteur de Lucifer lui-même, salut !

Quelle sorte de noble chevalier au diable es-tu, si tu ne sais pas tuer un hérisson avec ton cul nu ? Vomis du Diable avec ton armée dévorée. Tu n’auras jamais, toi fils de putain, les fils du Christ sous tes ordres : ton armée ne nous fait pas peur et par la terre ou par la mer nous continuerons à nous battre contre toi.
Toi, scullion de Babylone, charretier de Macédoine, brasseur de bière de Jérusalem, fouetteur de chèvre d’Alexandrie, porcher de Haute et de Basse Égypte, truie d’Arménie, giton tartare, bourreau de Kamenetz, être infâme de Podolie, petit-fils du Diable lui-même, Toi, le plus grand imbécile malotru du monde et des enfers et devant notre Dieu, crétin, groin de porc, cul d’une jument, sabot de boucher, front pas baptisé ! Voilà ce que les Cosaques ont à te dire, à toi sous produit d’avorton ! Tu n’es même pas digne d’élever nos porcs. Tordu es-tu de donner des ordres à de vrais chrétiens !! Nous n’écrivons pas la date car nous n’avons pas de calendrier, le mois est dans le ciel, l’année est dans un livre et le jour est le même ici que chez toi et pour cela tu peux nous baiser le cul !
Amusant, isn’t it ?

Une carte de l’europe en 1600 pour vous montrer
la démesure entre le géant Ottoman et les cosaques