Les micro-nations

par

Une micro-nation est une entité de petite taille se réclamant indépendante – et qui peut, dans certains cas, présenter quelques caractéristiques de nations – mais qui n’est pas reconnut comme telle par les autres nations officielles ni par l’ONU.

Il ne faut pas confondre ces micro-nations avec les micro-états comme Andorre, Monaco, Palaos ou Nauru (l’île en faillite) qui sont des états indépendants et totalement reconnues par la communauté internationale. D’autre part, on ne parle pas de micro-nations pour les états non reconnus internationalement comme Taïwan, la république arabe sahraouie démocratique, l’Azawad (c’est d’actualité) ou la république turque de chypre du nord (etc). Ces derniers, sont de tailles trop importantes, possèdent trop de caractéristiques de nation et ont de réelles relations diplomatiques avec des nations officielles.

Les micro-nations sont généralement le fruit d’un ou d’une poignée d’individus, au plus d’une petite ville qui se déclarent indépendants parfois par amusement, souvent pour ne pas être assujettis aux lois de leur pays ou bien pour une raison symbolique (green peace pour protester contre les forages pétroliers a occupés un rocher par exemple) . Certaines éditent des timbres, de la monnaie et des passeports recherchés par les touristes ou les collectionneurs, c’est souvent leur principale source de revenue.

Si quelques micro-nations ont une réelle prétention à l’indépendance, la plupart sont fantaisistes et n’existent que sur internet. Je vais vous présentes quelques unes des plus intéressantes.

La principauté de Sealand :

Ce petit état est situé sur la plate forme de Roughs au large de l’Angleterre. Celle-ci située dans les eaux internationales – et donc pas sous juridiction anglaise – avait été construite par l’armée anglaise pendant la seconde guerre mondiale. Elle était inoccupée depuis la fin du conflit.

Roy Bates, ancien militaire anglais, en prend possession avec quelques amis et déclare son indépendance le 2 septembre 1967 sous le nom de principauté de Sealand, il entend régner sous le tire de prince Roy. Depuis le minuscule état – qui n’a jamais été peuplé par plus de 5 habitants à la fois – a connut une histoire mouvementé. En effet, peu de temps après son indépendance, un navire de la royal navy approche de la plate forme – selon les sources pour en reprendre possession ou pour réparer une balise à proximité. Le prince Roy les fait se retirer après plusieurs tirs de sommations. Les poursuites pour détention illégale d’arme à feu n’aboutissent pas, la justice estimant que le prince n’est pas sous sa juridiction, les Sealandais considère qu’il s’agit d’une reconnaissance officielle de leur indépendance.

La principauté a émis divers pièces – des dollar Sealandais – des timbres et des passeports, ces derniers ayant pu créer des quiproquos juridiques.

En 1978 le premier ministre Alexander G. Achenbach et divers de ses associés hollandais et allemand prennent le contrôle de l’île par la force, chassant prince Roy et sa famille. Ceux ci récupèrent l’île grâce à un hélicoptère et un fusil, et capturent leurs ennemis – coupables de haute trahison selon la justice Sealandaise. Ils ne seront libérés qu’après négociation avec un diplomate allemand..

Aujourd’hui, le prince Roy a abdiqué en faveur de son fils le prince héritier Mickaël Bates qui est le seul habitant de l’île.

 La principauté de Seborga :

La commune de Seborga, est située en Italie, proche de la frontière Française – juste à côté de Vintimille, vous savez la Mecque des contrefaçons – et est peuplée d’environ 300 habitants. En 1963, les habitants de Seborga se déclarent indépendants et élisent comme souverain le prince Giorgeo 1er.

La commune a tantôt été rattaché à la France, tantôt au royaume de Sardaigne. Mais elle a surtout été indépendante jusqu’en 1945 sous la protection de la maison de Savoie (la famille royale Italienne). A la fin de la seconde guerre mondiale, lorsque la République d’Italie a été proclamée, toutes les possessions de la maison de Savoie ont été confisqués par l’Italie, Seborga en particulier. Ces habitants contestent le rattachement à l’Italie qu’ils considèrent comme une annexion.

L’entrée de la ville est surveillée par une guérite en guise de poste frontière, la poste appose fièrement le sceau de la ville sur les courriers et la monnaie officielle est le Luigino indexé sur l’US dollar.
La commune est prospère du fais de l’afflux de touriste attiré par le folklore de cette petite ville qui se prétend indépendante.

Les trois procès de l’état Italien contre la principautés ont tous été perdus, et celle-ci demande à la cour européenne de trancher. En tous cas, les habitants y croient. L’Italie a peur que le petit état devienne un paradis fiscale, en effet la constitution indique que les entreprises ne peuvent êtres taxés à plus de 10%. De plus le nouveau prince de Seborga, Marcello 1er, élu après le décès de son prédécesseur est un homme d’affaire Italien qui aurait de grands projets d’investissements… Comme quoi, indépendants ou pas, ils ont tout de même un petit côté Italien ces Seborgiens…

 Principauté (oui, il y a beaucoup de principautés parmi les micro-nations) de Hutt River :

En 1969, l’état d’australie occidentale impose des cotas à ses agriculteurs. Leonard Casley, fermier à Hutt River – à 600 km de Perth, tout à l’ouest de l’australie – doit réduire sa production de blé à 1/25 ème de l’actuel. Toutes les actions en justices menées par lui et et les exploitants alentours échouent. Néanmoins, le droit Australien leur permet de faire appel de cette décision auprès de la reine Elisabeth ll – légalement le chef de l’état australien. Ils ne demandent pas de dédommagement, mais l’indépendance de leur territoire.

Pour se donner plus de poids, ils déclarent unilatéralement leur indépendance et Leonard Casley est élu prince, prince Leonard 1er, peu de temps après. En effet, un décret de la couronne britannique énonce que toute atteinte aux prérogatives d’un prince sur sa principauté est un acte de trahison. La principauté ira même jusqu’à déclarer la guerre – une guerre sans effusion de sang – à l’Australie en 1977.

Depuis, les exploitants agricoles sont de facto indépendants. Ils ne payent pas d’impôt à l’état Australien, ne sont pas soumis aux quotas de productions, ont écris leur constitution et ils se sont même dotés d’une armée en 1988. Bien qu’il y est quelques frictions sur des questions fiscales, il semble que les autorités Australiennes jouent le jeux, traitant le prince Leonard 1er avec l’égard due à son rang.

Quand on voit le mal que ce donne certains états pour être indépendant alors que eux y ont réussis avec leurs moyens dérisoire, je me dis qu’ils doivent mal s’y prendre !