Lettre ouverte aux vénusiennes …

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(la date n’est pas incorrecte : j’ai vraiment commencé à écrire ce jour-là mais vous allez comprendre, à mon avis pourquoi j’ai eu du mal à l’écrire, à le poster et pourquoi j’ai la sensation de ne pas l’avoir terminé … ^^’)

Sur l’Internet global, le 25 août 2013,

Chères demoiselles, chères mesdames,

Je prend ma plus franche plume, ce jour, pour vous annoncer que vous me tuez.

 Après deux mois d’immersion quasi-totale dans mon job d’été (animation en centre de loisirs, ou ALSH pour les puristes), je sens déjà le vide m’envahir. Ce creux dans l’estomac, je le mets sur le compte de la fin difficile de mon rôle d’ambianceur de mômes de 6 à 13 ans, d’une grosse fatigue collatérale à l’activité sus-citée, d’une météo passable que je devrais qualifier de « bon temps de mer*e », … ainsi que du fait d’être confronté tous les jours ou presque à ce qu’on appelle une « ambiance de femmes ».

Oui, ça m’amuse de vous entendre parler de vos seins, de vos épilations de jambe et de vos règles.

Oui, ça me fait sourire de vous entendre être un peu méchantes avec quelqu’un que vous n’aimez pas toutes ensemble.

Oui, je pardonne vos blagues sur ma pilosité pseudo-excessive ..!

Oui, j’ai capté vos alarmes de portables, réglées en début de soirée.

Oui, je fond de vous voir vous occuper des minots quand ils pleurent.

Et surtout : oui, j’adore quand vous faites semblant de vous battre pour moi !

Je fonctionne beaucoup trop avec mon coeur, surtout au travail. Et ce job d’animateur que j’ai exercé, plus que n’importe quel autre, nécessite autant de ressources intellectuelles que morales et affectives. Malheureusement, et comme à chaque fois, c’est votre soudaine absence qui va me faire craquer, et pas forcément celle des enfants, ce qui me laisse un peu la culpabilité d’avoir fait de bonnes choses, mais pas toujours pour de bonnes raisons.

J’appelerai ce phénomène « l’effet animation », parce qu’à passer un mois à vivre les uns sur les autres, le manque s’installera au pro rata du pourcentage d’heures passées par jour avec les personnes qui nous manqueront cruellement plus tard, soit environ 60 % si je compte bien. Enfin, quand je dis « les uns sur les autres », c’est une façon de parler.

Un mois comme ça, ça tisse des liens !

Un mois comme ça, ça tisse des liens.

 Si je prends l’exemple de mon job d’été, c’est bien parce que j’en sors juste et que j’ai déjà vécu cette expérience post-estivale un peu douloureuse. Mais ça vaut pour vous toutes, mesdames, mesdemoiselles, collègues, copines, amies ou, bien souvent, illustres inconnues … Pour changer, je vais être clair : en tout bien tout honneur, vous me rendez chèvre !

Ah, tu sortiras, biquette, biqueeeeeeeeetteuuuuuh !

Ah, tu sortiras, biquette, biqueeeeeeeeetteuuuuuh !

Le chromosome Y a une forme étrange, n'empêche.

Le chromosome Y a une forme étrange, n’empêche.

Moi, mâle alpha ou omega (pour ne pas dire un bêta de première), suis passé maître dans l’art de ne rien comprendre aux manifestations d’affect des femmes, à tous les niveaux d’ailleurs (ce qui finira par me faire sourire, hein !) … Ô, éternelle question que celle de l’amitié homme-femme, à laquelle je n’ai aucune réelle réponse à apporter ..! Et nous sommes presque tous sortis de ce moule-là. Je vais donc parler, au nom de tous les mecs, ou du moins d’une bonne partie : SOYEZ CLAIRES ! On est des puta*ns d’handicapés du bulbe rachidien, à croire que les problèmes de lectures dans les relations humaines sont inscrites dans les gênes de détermination sexuelle de type « mec » (soit le chromosome Y si vous suivez un peu l’actualité de l’évolution des espèces).

Toujours est-il que le moment est arrivé de cesser d’hésiter et d’annoncer. Je n’ai jamais dérapé dans mes pensées, je ne suis pas un tordu … Mais j’apprécie d’être avec vous, sans arrière-pensée aucune ! Que vous nous prêtiez de l’attention ou que vous nous ignoriez, que votre présence génère parfois un peu de nostalgie ou pas, que vous nous mettiez en face de nos contradictions d’êtres humains et que vous nous rappeliez que notre complexe d’Oedipe n’est jamais totalement résolu en vous comportant comme nos mamans, … je ne saurai vous en vouloir parce que vous ne méritez pas d’être données d’une « faute » dont vous n’avez pas conscience.

Ainsi, on vous aime toutes ! Pas chacune au même niveau, pas pour les mêmes raisons, mais disons-nous clairement que l’affect qu’on vous porte est, selon moi, de la même nature à la base :)

Je n’ai pas beaucoup écrit, et j’ai l’impression d’avoir été déjà bien (trop) dense, alors je vais, mesdames et mesdemoiselles, conclure ici cette lettre ouverte en vous priant de prendre garde. J’aimerais vous embrasser toutes et c’est un peu compliqué … mais si je l’écris c’est tout comme ! Je chute sur ce morceau de mon cru, qui vous dira tout :)

Prenez soin de vous,

Tinou