L’histoire de la tarte tatin

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Vous connaissez tous cette tarte aux pommes renversées, emblématique de Normandie. Délicieuse avec une boule de glace à la vanille ou un ramequin de crème fraiche.

Je vais, ce jour, vous compter son histoire. Elle commence dans la Normandie de Guillaume le conquérant. Déjà, à cette époque, aucun banquet ne se finissait sans sa tarte au pomme – la fameuse tarte Normande. Les colonisateurs de Normandie ne connaissaient pas se fruit savoureux et en tombèrent vite amoureux.

En 1066 Guillaume se prépare à l’impossible invasion des iles britanniques, il s’opposera à Harold Godwinson et à Harald Hardraada pour la succession du trône anglais. Bien sur, tous ses vassaux rassemblent le Ban et l’arrière Ban. En particulier, le comte de Bolbec, le seigneur Tat 1er du nom aiguisait son épée. En plus d’être un fin gourmé, ce descendant des colons norvégiens inspirait la peur à ses ennemis. Ce chevalier courageux se plaçait toujours à  l’avant garde avec ses deux frères, son oncle, ses deux cousins et son fils. Les trois hommes armurés de pied en cap semblaient invincibles.

Comme chacun le sait, le duc Guillaume le (gros) bâtard (véridique, c’était comme ça qu’il était appelé avant le conquérant. Comme quoi, on en fait des choses juste pour changer un surnom.). Guillaume, donc, pris la mer et rencontra l’armée Saxonne de Harold à Hasting. La bataille dura toute la journée. Les multiples charges de la cavalerie Normande et des mercenaires bretons et flamands ne parvenaient pas à percer le mur des boucliers des Huskarl saxons. Au cœur de la mêlée le cheval du duc Guillaume s’effondra et c’est Tat 1er qui fit barrage de son corps pour le protéger. Bien que cruellement blessé son sacrifice permis aux Normands de remporter la victoire.

La bataille d’Hasting par Georges Mathieu. 1956.

Après la bataille, Tat semblait mortellement blessé. Sa dernière volonté était de manger une tarte aux pommes, aux pommes de son domaine de Bolbec. Au plus vite, ses serviteurs prirent les dernières pommes des réserves et préparèrent une pâte feuilletée. Mais ceux-ci – qui se précipitent pour offrir à leur seigneur la tarte avant son trépas – font l’erreur de l’enfourner à four trop chaud trop chaud et les pommes caramélisent sur le dessus alors que la pâte ne cuit pas. N’ayant plus de pommes de Bolbec et guère le temps de recommencer ils retournèrent leur tarte pour que la pâte – sur le dessus – cuisent et que les pommes ne brûlent pas.

La tarte sortis du four, l’évêque Odon vit ceci comme un bon présage. Cette tarte était renversée comme le sort de la bataille dans la journée et il prédit que la bataille que menait le seigneur Tat 1er contre ses blessures se renverserait quand il mangerait cette tarte. Ce fut le cas, et en plus, la tarte était délicieuse ! Le seigneur Tat 1er put rentrer en son domaine avec ses frères et sœurs avec qui il eut de nombreux enfants.

Cette scène est illustrée dans la fameuse tapisserie de Bayeux, véritable documentaire sur la conquête normande de l’angleterre.

Cette nouvelle tarte fut appelée tarte de Tat 1er puis au fil des ans le nom se simplifia en tarte Tat 1. Au 17ème siècle l’académie française dans son effort de d’uniformisation du français édita son premier dictionnaire où la tarte de Tat1 fut transformer en tarte tatin. L’histoire était en marche.