Metal Slug – SNK – Playmore – Neo Geo – Arcade

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Si aucun des mots qui composent ce titre ne vous évoque quelque chose, je ne saurais même pas quoi vous dire: lisez cet article ou passez votre chemin, quoi qu’il arrive, vous aurez dû mal à comprendre le sentiment de nostalgie que je peux avoir en écrivant cet article me faisant un énorme retour en arrière en plein milieu des années 1990, années fastes dans les sorties vidéos ludiques.

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Enfance

Dans les années 1990, j’étais encore qu’un gamin. Mes parents, gestionnaires de plusieurs restaurants sur la côte Normande n’avaient pas tellement le temps de s’occuper de moi, et plus encore pendant les vacances, puisque c’est le moment où ça travaille le plus dans la restauration. J’avais le droit de me balader avec mes copains dans la rue (attention, je vous parle de gamins d’une autre époque, on faisait parfois quelques bêtises mais jamais des aussi grosses que l’on peut entendre maintenant à la télé) et de faire à peu près ce que je voulais, tant que ça restait dans les limites de l’acceptable.

Baignades, glaces et vélo rythmaient les journées d’un gamin de 8 ans puisque rester chez soit était d’un ennui total: ni consoles vidéos (très onéreuses à l’époque), ni gameboy (tétris… c’est bien 10 minutes), ni internet, ni ordinateur. C’était en 90’s , c’était y a pas si longtemps!

Et puis quand même… il y avait cette salle d’arcade… un endroit qui sentait la fumée de cigarette, qui clignotait de milles lumières, avec un espace bar, mais surtout des bornes d’arcade, des flippers, des babyfoot, des billards… Un espace très attirant pour des gamins de cet âge. Comme je le disais, les consoles vidéos à l’époque coûtent relativement très chères, limitées en jeux, les télés sont rares et les jeux pc sont quasi inexistants. A cette époque, le vrai joueur de jeux vidéos sortait dehors pour retrouver ses potes en salle d’arcade et s’amusait à battre les highscores de la borne en question, fumait sa cigarette en même temps (la majorité des bornes d’arcade avaient des cendriers intégrés) et rigolait avec ses amis. Jamais le jeu vidéo n’aura autant été social.

Pour ma part, je ne fumais pas, mais il m’arrivait régulièrement de rejoindre cette salle bondée de monde (un peu comme le pmu du coin de la rue) pour y dépenser les 20 francs que m’avait filé ma mère en cachette en jeux vidéos. Moi, ma borne préférée (et cela va faire rire quelqu’un à mon avis), c’était celle de TEKKEN 2 sorti en 1995. Consécration, j’avais mon prénom (ou enfin le nombre de lettre autorisée, c’est à dire 3 : B.E.N.) en top list des records de cette borne. La fièvre du jeu vidéo m’avait gagnée, il m’en fallait toujours plus pour assouvir ma soif de jeu.

En 1996 sortait ce qui allait complètement parfaire ma révolution vidéo ludique en terme de jouabilité, musique, humour et graphisme: METAL SLUG (littéralement limace de métal), titre devenu ultra culte dans les années 2000 grâce à l’émulation de la NEO GEO et porté par le studio SNK devenu maintenant SNK PLAYMORE.Savant mélange de beat’em all et de shoot’em up, ce jeu est simplement une tuerie: très en avance technologiquement pour l’époque (ultra fluide et détails graphiques en veux tu en voilà), Metal Slug est pour moi ce qu’on appellerait 15 ans plus tard du pixel art. Et bien sûr, ce jeu vidéo ne se jouait qu’en salle d’arcade: développé sur la console Neo Geo, console ultra moderne pour l’époque, mais très onéreuse aussi, ce jeu était rarement trouvé dans le salon des particuliers. La Neo Geo était une console de salon, certes, mais marchait mieux customisée en borne d’arcade, puisque c’était plus rentable pour le propriétaire. Et n’oubliez pas, nous sommes encore dans les années 1990, même si le jeu vidéo commence à percer doucement dans la société moderne, il est encore vu comme une pratique marginale…

Metal Slug X

Metal Slug - un bordel sans nom avec d'incroyables graphismes (on est en 1996) vous sautait aux yeux.

Metal Slug – un bordel sans nom avec d’incroyables graphismes (on est en 1996) qui vous sautait aux yeux.

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Pour couronner le tout, un mode coop est disponible dès le premier jeu!

PS: Je ne suis pas devenu un serial killer à cause de ma pratique intensive des jeux vidéos dès mon plus jeune âge. Mais ça aurait pu.

Pour le coup, fort de l’engouement provoqué par la série des Metal Slug (7 jeux sortis), SNK Playmore à réédité une version « anthologie » en 2008 pour PSP où l’on peut retrouver tous les jeux de Metal Slug. Évidemment j’ai sauté sur l’occasion. Pas aussi jouissif que lorsque j’y jouais sur arcade (gros joystick et gros boutons) mais le plaisir est quasi-inchangé: dès que j’entends cette musique, des frissons me parcourent tout le corps. Et ouais!

Démarrez la vidéo à 0:38 (le vrai moment frisson quoi)

Vidéo du gameplay des Metal Slug (une tuerie je vous dis!)

Salles d’arcades

Je parle de salles d’arcades dans cet article et j’ai été amené à faire une petite recherche sur wikipedia concernant le sujet. Et je m’étais fait un petit constat avant de lire l’article en question, et j’y ai lu la même chose: les salles d’arcades sont en déclin. Même la salle où je jouais étant plus gosse a fermé aussi. Fin d’une époque magique vidéo ludique aidée par l’avènement de la console de salon peu coûteuse, de la télé HD personnelle x 3 par maison et des jeux pc via internet. Je ne dis pas que c’est mal, je dirai plutôt que c’est un mal pour un bien. Le jeu vidéo n’est plus un outil social: on joue chez soi, devant sa télé, et même si les consoles peuvent accueillir jusqu’à 4 joueurs simultanément, il reste assez rare de jouer avec ses amis… Les jeux de console ou de pc en réseau, soit disant ouvert à une communauté ne sont le prétexte que pour balancer des insanités envers son adversaire ou envers sont équipe, le dialogue est fermé, et il reste bien assez rare de se rencontrer en dehors du jeu. Dommage.

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Heureusement, je lis aussi qu’au Japon, ces salles d’arcades ne sont pas vraiment en déclin, qu’il reste pas mal de salles très fréquentées. Les Japonais ont toujours eu une longueur d’avance sur nous concernant les jeux vidéos (et sur un tas d’autres choses), et je crois que le futur du jeu repose sur la réouverture de salle comme celles-ci.

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Quand je serais homme accompli, j’ouvrirai ma propre salle d’arcade.

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SNK – SNK Playmore

Et dans cet article, je voulais évoquer aussi l’ascension majestueuse de SNK (la société qui a édité Metal Slug) et son déclin progressif de 1999 jusqu’au dépôt de bilan en 2001 face à une concurrence trop ardue dans le monde du jeu vidéo.

Parce que d’antan, le design ce n'était pas affaire de tous!

Parce que d’antan, le design ce n’était pas affaire de tous!

SNK est une entreprise fondée en 1973 tournée vers le diverstissement vidéo ludique. Elle est notamment la mère de la borne d’arcade Neo Geo MVS (sortie en console de salon de luxe comme précisé plus haut), système ingénieux où l’on pouvait charger différentes ROM (cartouche de jeu) dans la borne (ce que ne pouvait faire la concurrence: une borne, un jeu). Les années 1990 sont prolifiques pour la marque puisque c’est la sortie de jeux à renommées internationnales maintenant: Fatal Fury, The Kings of Fighter et Metal Slug, des jeux ultras innovants en termes de graphismes, de jouabilité, de fluidité et de technologie. Et puis après ça, c’est le déclin. La firme n’arrive plus à faire face à la concurrence, des mauvais choix stratégiques et économiques sont faits et en 2001, c’est la faillite.

Nombre de jeux sortis par la société SNK par année

Nombre de jeux sortis par la société SNK par année

C'est bien plus joli aujourd'hui!

C’est bien plus joli aujourd’hui!

Le dirigeant de SNK réalise alors un coup de maitre: avant de rendre le dépôt de bilan, il rachète toutes les licences de ses jeux, et refonde une entreprise qu’il nommera Playmore. Cette entreprise, créée avant toute chose pour ne pas perdre les copyright de ses principaux jeux, deviendra plus tard un pilier important puisque la société développera de nouveaux jeux vidéos et s’adapte aux consoles de salons du nouveau monde des années 2000. En 2003, Playmore devient SNK Playmore et tout le monde ou presque à retrouvé sa place dans l’entreprise. Les années 2000 sont aussi les années de sortie de quelques nouveaux Metal Slug mais les fans des premières heures diront que ces opus sont moins bons que les premiers. Mon avis reste assez partagé mais il est clair qu’on perd naturellement la saveur d’un jeu sorti en 1996 et sorti en 2006. La société SNK Playmore semble prospérer en 2013.

En fait moi j’aime bien les histoires d’entreprises qui une fois arrivée à une apogée, déclinent progressivement jusqu’à rendre le bilan et qui renaissent de leurs flammes tel un phénix (voir mon dossier sur Final Fantasy et Square). L’entreprise du jeu vidéo est un monde dur, où il est difficile de percer et où il faut sans cesses s’adapter au joueur et à la mode du moment. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui m’ont fait tant m’amuser et m’émerveiller et qui le font encore et qui le feront encore. Même si maintenant je suis plutôt un joueur « casual » (je ne joue plus beaucoup par manque de temps), le jeu vidéo restera pour moi une grande partie de ma vie.