Nikolaï Iejov, l’homme « effacé » par Staline

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Surnommé le  »nain sanguinaire » Lejov serait mort avec ces derniers mots  »dites à Staline que je meurs avec son nom sur mes lèvres » dernière preuve de loyauté envers celui qui l’aura fait élevé puis trahis.

Il aura été le chef d’orchestre des grandes purges staliniennes de 1936 à 1938. En effet, à cet époque Staline commence à prévoir une guerre en Europe. Contre l’Allemagne, l’Angleterre la France ou encore le Japon. Et Staline a peur -paranoïaquement peur- de l’éclosion d’une cinquième colonne anti-révolutionnaire en cas de conflit avec ces voisins occidentaux. C’est tout le but de ces purges, éliminer toute personne qui pourrait – du fait d’ambitions personnelles, de contact à l’étranger ou de mécontentement de sa politique – être tenté de le trahir. Lui, et la Russie communiste.

Au début cette purge touche tous les vieux cadres du partis, les anciens proches de Lénine et les camarades de Staline lors de la révolution ainsi que les officiers de l’armée rouge. Tous ceux sans qui la Russie serait restée tzariste. Puis toutes les personnes ayant eu contact avec l’étranger (diplomates, vétérans de la guerre d’Espagne contre le franquisme et jusqu’aux philatélistes). Par principe de responsabilité collective, leurs femmes, leur familles, leurs amis étaient condamnées également. Un dangereux complot anti-bolchévick, commandé par l’étranger et visant à l’assassinat de Staline a même été découvert parmi les choeurs de l’armée rouge…

C’est Lénoj, un jeune cadre du partis qui doit son ascension fulgurante à son efficacité et à son soutiens total à Staline qui planifiera tout. Les arrestations massives, la torture visant à arracher des aveux fantaisistes, les immenses procès où les accusés avouaient placidement les crimes les plus horribles et les plus incohérents. Les assassinats, les exécutions et l’envoient de plusieurs millions  »d’opposants » dans les Goulags. Il est vrai que Lénoj travaillait avec des quotas de  »saboteurs » et de  »traitres » à purger chaque mois, quota qu’ils dépassaient systématiquement.

Les années avant et après lui furent remplis d’assassinat, d’arrestation sommaire et de procès truqués, il reste néanmoins celui qui transforma la répression en processus quasi industriel, brisant toute la société Russe en brisant toute confiance parmi les familles, les camarades, les collègues…

Les purges ce sont arrêtés en 1938 sur l’ordre de Staline. Celui-ci prend conscience qu’il a par trop désorganisé son armée et la société – effectivement, lors de la guerre d’hiver correspondant à l’agression de la Finlande par l’URSS, la minuscule armée finnoise sous équipé tiendra tête à une armée rouge commandée par des officiers incompétents et n’osant prendre la moindre initiative.

A ce moment, il faut une raison pour arrêter ces purges, et son âme damnée, Lévoj devient le bouc émissaire idéal. Promptement remplacé, puis jugé coupable de tous les crimes commit les années précédentes celui-ci résiste étonnamment bien à la torture mais avoue tout de même quelques penchants homosexuels et le meurtre de 14000 membre de la Tchéka – suffisant pour le faire fusillé.

Non seulement, Lénoj a été assassiné, mais il était trop évident de voir le lien entre lui et Staline durant les purges dont l’ampleur n’aurait pas pu échapper à la vigilance du secrétaire générale. Alors il a été effacé. Effacé des archives, des monuments et des photos officielles où il était proche de Staline, sa famille et tous ses proches étant bien évidement fusillés rapidement après lui. Tout comme dans 1984 de George Orwell.Sa chute a été si rapide et son évanouissement tellement total que jusqu’à la mort de Staline personne ne savait, à l’Ouest, ce qu’il était advenu de Lénoj, certains l’imaginant enfermé dans un asile.

Son règne aurait couté environ deux millions de morts – entre les exécutions et les déportations à la Russie… Sans compter les autres années de terreur stalinienne.