Quatre minutes, un film coup de coeur.

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Amis procrastinateurs, amies procrastinatrices, je viens aujourd’hui vous parler d’un de mes films  »coup de cœur » ; Quatre Minutes (Vier Minuten).

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Ce film sorti en 2008 qui nous vient tout droit d’Allemagne est réalisé par Chris Kraus. Le résumé que nous donne le site Allociné est le suivant : « Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu’elle a affaire à une musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le Concours d’entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas. » Alors, oui je vous vois déjà venir : « Encore un film sponsorisé par Kleenex », « Si un jour j’ai envie de me pendre j’y penserai » ou encore « Wahou super original, c’est bon on a compris l’idée, pas besoin de voir le film. »

Ce que ce résumé ne dit pas c’est que ce film est animé par la passion. Que ce soit une passion créatrice, une passion amoureuse, ou encore une passion destructrice. Le personnage principale, Jenny (brillamment interprétée par Hannah Herzprung) est une jeune femme écorchée vive, jusqu’à la peau de ses mains. Ultra-violente, n’ayant plus rien à perdre elle n’a plus foi en rien et surtout pas en la vie. Son personnage n’en est pas pour autant pathétique. Elle semble plutôt être une femme d’une force qui nous dépasse, qui porte une rage infinie et déraisonnable en elle. Pourtant elle a ce don pour le piano, cet instrument qu’elle utilise comme un moyen d’expression, un défouloir et un échappatoire. Elle ne laisse personne la toucher, personne l’approcher, elle est comme une lionne indomptable. Son interprétation par Hannh Herzprung est impressionnante. Son regard, son sourire provocateur, sa gestuelle brusque et son côté félin sont une vraie performance. En face d’elle, Traude, cette vieille femme qui ne peut s’empêcher de pleurer lorsqu’elle joue du piano et qui portent ses valeurs à bout de bras. Elle va peu à peu apprendre l’humilité à son apprentie, lui apprendre l’amour de soi-même, l’importance d’exploiter le cadeau qu’est celui d’avoir une don comme le sien. Elle va aussi lui apprendre que les apparences sont trompeuses, et que chaque personne porte son fardeau et son histoire. Traude, elle était une infirmière sous le régime NAZI. Lors de son service elle a partager une passion amoureuse avec une autre femme et ne s’en n’est jamais remise.

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La scène de leur rencontre est un des plus belles scènes du film. Traude Krüger rencontre Jenny pour lui offrir des leçons de piano comme à trois autres détenues. Mais lorsqu’elle voit l’état physique de la jeune fille qui est salle et qui a des plais sur le visage et les mains écorchée, elle refuse de lui donner sa leçon. Jenny s’énerve alors et lorsqu’un surveillant tente de la maîtriser elle lui fracasse littéralement la tête à l’aide d’une chaise. Traude reste stoïque face à cette violence et s’en va déçue pendant que la jeune femme se déchaîne sur l’homme et que d’autres surveillants accourent pour aider leur collègue. Alors que la caméra suit la vieille femme qui s’en va nous entendons une musique jouée au piano qui n’a rien de classique. La musique s’intensifie en volume et nous voyons Jenny de dos, jouant sur le piano en engageant tout son corps. Pour évacuer sa haine, elle joue avec passion, elle semble être proche de la folie tant elle est habitée par la musique. La musique semble parler pour elle. C’est après avoir entendue cela que Traude décide de faire passer une audition à la jeune femme et de lui donner des cours à condition qu’elle ne joue plus ce genre de « musique de nègre » comme elle appelle cela, et qu’elle apprenne à prendre soin d’elle et surtout de ses mains. Les deux personnages sont très touchants sans jamais entrer dans le pathos psychologico-pouêt-pouêt et leur relation est juste. Enfin un scénario qui ne vend pas au diable le caractère d’une personnage pour qu’il s’adapte à une happy-end.

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Outre un scénario bien ficelé, ce film possède une esthétique superbe. Les couleurs sont froides mais pas pesantes grâce à l’action. Il y a un jeu sur le clair-obscur tout au long du film qui accompagne parfaitement les contrastes dans les caractères des personnages. Ils sont à la fois lumineux de passion et noir du fardeau qu’ils portent. Les plans rapprochés sont nombreux et intéressants car le regard est un élément essentiel pour le partage d’une émotion, surtout au cinéma. Les scènes de musiques qui sont chorégraphiées sont aussi très réussies avec une scène finale à couper le souffle. Les musiques sont elles aussi somptueusement adaptées aux caractères des deux femmes. Leurs histoires se lisent dans leur musique. Il y les musiques de Schumman, compositeur allemand de renom qui ont accompagnées la vie de la vieille dame et qui restent aujourd’hui un héritage déchu et la musque moderne et révolutionnaire de Jenny qui transmet la fureur qui brûle en elle.
Ce n’est un film qui vous donnera envie de vous pendre, mais au contraire un film qui vous donnera la rage de réussir dans ce que vous entreprendrez.

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Toujours pas convaincus ? Bon allez, voilà la bande annonce juste pour vous :