Sans Hadopi, peut être que Justin Bieber ne pourra pas sortir d’autres disques

par

Sans Hadopi, pas de Justin Bieber.

« Mais alors, il faut que la HADOPI disparaisse, non ? » Un internaute inquiet.

Bon alors, voici un article, quoi qu’un peu longuet à lire mais qui sera lu par les plus intéressés et les plus curieux, cela dit. Tout d’abord, avant tout, je voulais faire une satyre de la loi Hadopi et finalement, je me suis dit qu’il serait mieux que le lecteur se fasse une opinion lui-même de cette loi, et c’est sur quoi je vais l’aider. Après le recueil de plusieurs témoignages, d’artistes, de majors de production, de ministres, d’internautes et à grand coup de vidéos promotionnelles. Avec ces informations, ce sera à vous de vous faire votre opinion, vous conforter dans ce que vous avez toujours cru ou vous faire changer d’avis…

Rappelons en bref ce que la HADOPI est :(définition des rôles de la Hadopi par wikipedia).

hadopi-campagne-communication.pngLa Haute Autorité est investie par la loi de plusieurs missions relatives à la protection sur Internet des intérêts des titulaires de droits d’œuvres protégées au titre de la propriété intellectuelle :

Observation de l’utilisation des œuvres sur Internet et encouragement de l’offre légale (publication d’indicateurs, labellisation des offres, création d’un portail de référencement, mais aussi évaluation des techniques de reconnaissance, de tatouage et de filtrage des contenus) ;

Lutte contre le « piratage » (constatations des manquements à l’obligation de surveillance, avertissement par courriel et lettre recommandée des auteurs d’infractions, définition et labellisation de « logiciels de sécurisation ») ;

Régulation des mesures techniques de protection des œuvres et protection des bénéficiaires d’exceptions légales, suivi de l’interopérabilité des dispositifs de DRM (mission anciennement exercée par l’ARMT à laquelle la Haute Autorité se substitue).

Elle peut être consultée par le gouvernement ou par les commissions parlementaires, peut recommander toute modification législative ou réglementaire et rend public chaque année un rapport d’activité.
Et pourtant si c’était si simple, tout le monde sera d’accord avec Hadopi, comme tout le monde est d’accord pour se faire retirer son permis en cas de conduite d’ébriété, comme tout le monde trouve logique de se faire mettre en prison pour un viol ou pour homicide volontaire. Mais alors, d’où vient le couac ?

Prenons les principaux arguments favorables et défavorables à cette loi de la part de tous les « protagonistes » de cette histoire. On commence par l’argument de l’état et non des moindres :

Etat : Nicolas Sarkozy évoque lors du G20 : « On ne peut pas d’un côté consommer comme jamais des images, de la musique, des auteurs, de la création, et ne pas assurer le respect du droit de propriété de celui qui a mis toute son émotion, tout son talent et toute sa créativité » pour les concevoir, selon lui. « C’est un sujet qui est beaucoup plus important que le seul sujet économique, parce que le jour où on ne rémunère plus la création, on tue la création. ».     C’est ainsi que Mr le Président défend Hadopi : permettre une rémunération plus juste des auteurs et des artistes. Pour moi c’est un argument honorable.

Les principaux vendeurs de contenus culturels, soit Virgin Megastore, Fnac : Pour eux, le téléchargement illégal est sans équivoques : ils estiment à plus de 63 millions d’euros les pertes liée aux téléchargements illégaux.
Les majors de production : (Universals, Sony, etc)… : Le principal argument est celui exposé par les plus grands distributeurs : le téléchargement illégal proliférant accroissant les pertes financières. Pour eux, Hadopi est la solution afin de limiter le téléchargement et augmenter les profits.
Les artistes : Ce sont les premiers à être d’avis assez partagés. Il existe 3 groupes d’artistes : les pro-hadopi est les anti-hadopi. Et les sans avis.

Les pro-hadopi : on peut compter Matmatah, prônant la légalisation de la Sainte Marie Jeanne, mais contre le téléchargement illégal. On y retrouve aussi Michel Blanc, « Les pirates pensent voler les riches producteurs ? Ce sont les auteurs qu’ils volent » qui est un avant tout philosophe et écrivain.

Les anti-hadopi : souvent les jeunes artistes en devenir, qui souhaitent souvent se faire connaitre d’abord par internet, qui permet de faire diffuser rapidement ses œuvres.
Les sans avis : comme Matthieu Chedid (M) qui ne sont pas vraiment sûr de savoir ce qu’il faut en penser, qui ont un avis tantôt positif envers Hadopi, tantôt négatif.
Les internautes téléchargeurs : ici, il n’y a pas 100 groupes différents, mais bien un seul : les téléchargeurs sont catégoriquement contre la Hadopi. En effet, le principal argument exposé est «  la protection des Majors de Disque, Films par le biais d’une loi qui ne reconnait ni l’artiste ni le consommateur ». Hadopi serait juste un prétexte donné contre la pression des grosses firmes sur le gouvernement afin de leur assurer toujours un revenu monstrueux. »

C’est vraiment une synthèse des arguments évoqués lors de mes escarmouches sur la toile concernant Hadopi… Les principaux arguments sont ceux les plus souvent retrouvés.
Par la suite, je donne juste des passages d’articles, datant de 2009 à aujourd’hui 2011, parlant ou ne parlant pas d’Hadopi, mais mettant forcément en valeur ou non cette loi.

La FNAC, description trouvée à même leur site :

Depuis, la FNAC a fait bénéfices sur bénéfices avec un CA consolidé de plus de 4,5 milliards d’euros et des implantations outre en France, dans de nombreux pays : Belgique, Suisse, Espagne, Grèce, Italie, Portugal, Brésil… Parallèlement à son activité de distributeur, la Fnac joue un rôle de prescripteur et d’acteur culturel sur chacun de ses marchés. En 2010, la Fnac a réalisé un chiffre d’affaires de 4 473 millions d’euros. Son chiffre d’affaires la place parmi les 20 premières entreprises de distribution françaises et les 500 premières entreprises européennes. (Vous
faites le lien là?)

Budget alloué à la HADOPI
12 millions d’argent public pour Hadopi pour le bénéfice de producteurs privés. Frédéric Mitterrand a annoncé dans son budget de la culture que l’ Hadopi bénéficiera  d’un budget de 12 millions d’ euros. Ces 12 millions serviront  à « financer les missions d’appui au développement de l’offre légale et de protection des œuvres contre le téléchargement illégal confiées par le législateur à la Haute Autorité, dont le dispositif de réponse graduée par l’envoi de messages progressifs d’avertissement aux internautes, la mise en place de procédures de labellisation des offres légales et des moyens de sécurisation, l’observation des usages licites et illicites ».
Budget alloué à la sécurité routière
Le budget alloué à la sécurité routière est de 12 million d’euros. Comme pour Hadopi, sauf que la route fait encore des milliers de morts par année. Personne n’est encore vraiment mort avec Hadopi, a priori.
Budget alloué à la publicité pour HADOPI
Le budget pub Hadopi était évalué à 1,22 million d’euros par an. Mais la Hadopi n’en a cure et a explosé le budget pub pour la nouvelle campagne pub Hadopi dont le coût est estimé à plus de 3 millions d’euros… 3 millions d’euros pour 3 pub télé, le tout payé par les contribuables…
Extrait de la lettre des cinéastes pro-hadopi.
« (…) Certains veulent faire croire que cette loi serait « liberticide ». C’est scandaleusement faux. Pourquoi ne le considèrent-ils pas lorsqu’un FAI coupe l’accès à internet de celui qui n’a pas payé son abonnement ? Les valeurs du commerce sont-elles supérieures à celles de la création ? La suppression du permis de conduire de celui qui a commis trop d’infractions est-elle « liberticide »?

Rappelons à ce propos que la loi n’envisage qu’une suspension, brève, de la possibilité de télécharger, sans toucher aux autres offres liées.

Rappelons aussi que celui dont la suspension provisoire est effective – parce qu’il a récidivé malgré les démarches et les avertissements – a toujours la possibilité de consulter ses mails ou de naviguer sur Internet chez quelqu’un d’autre ou dans les lieux d’accès collectifs. »
Liste non exhaustives des artistes (français, car évidemment, Hadopi, c’est français) ayant signés pour HADOPI : il y a les cinéastes…
– Thierry Lhermitte : Il y a quelques temps, l’acteur a investi 50 000 euros dans l’entreprise TMG, qui vient d’être choisie par quatre organisations (l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, la Sacem, la SCPP et la SPPF) pour faire la chasse aux internautes qui téléchargent illégalement.

« Quand un producteur nous apporte un film à protéger, nous en relevons l’empreinte numérique, et nous allons ensuite en rendre le téléchargement illégal cauchemardesque. Exemple ? Nous allons inonder les sites illégaux de fichiers leurres : vous croyez télécharger Micmacs à tire-larigot, et, en fait, le fichier contiendra autre chose. » Et pourtant : http://www.numerama.com/magazine/17107-hadopi-actionnaire-de-tmg-thierry-lhermitte-telecharge-sur-megaupload.html
Thierry Lhermitte reconnaît avoir téléchargé un film récemment.
– Luc Besson : Le producteur-réalisateur Luc Besson avait été parmi les soutiens les plus engagés sur le front de la riposte graduée, en comparant certaines plate-forme à des dealers de drogue. Il avait même regretté la décision du Conseil constitutionnel de confier à un juge le soin de vérifier la fiabilité des preuves du piratage et la proportionnalité des sanctions, en assurant que la solution antérieure était préférable pour les internautes. « Les gens ne se rendent pas compte que ce que propose le Conseil est pire », avait-il réagi. « Là maintenant il y a un juge qui va venir, et qui va mettre des amendes, parce qu’un juge ça coûte de l’argent à l’Etat, et obligatoirement il y aura des amendes et ça va coûter très cher aux internautes. La solution avant était bien meilleure, pour eux ». Nous verrons s’il avait raison, et nous sommes prêts à ouvrir les paris.

– Jean-Jacques BEINEIH

– Guillaume CANET

– Michel Blanc : »Les pirates pensent voler les riches producteurs ? Ce sont les auteurs qu’ils volent »

– Jean-Loup DABADIE

– Costa GAVRAS

– Agnès JAOUI

– Pierre JOLIVET

– Cédric KLAPISCH

– Francis VEBER

– Nadine Trintignant

– ….

Puis les artistes musicaux :

– Superbus

– Tryo

– Matmatah (groupe de musique)

– Mylène farmer

– Jenifer

– Renaud : Début 2005, son engagement dans une campagne contre le téléchargement illégal lui vaut quelques réactions de la part de ses fans. Sa position sera contradictoire sur le sujet. À la fin de l’année, le chanteur revient sur sa décision, s’explique avoir été mal informé sur le peer to peer et « embobiné » par Virgin, et distribue gratuitement sa chanson militante Dans la jungle sur un forum internet d’un site de fans sans la permission de sa maison de disque. Il met d’ailleurs par la suite à disposition des enregistrements rares ou inédits sur ce même site. Cependant, en juin 2008 il s’engage, aux côtés de 51 autres artistes, pour la loi Hadopi réprimant le téléchargement illégal.

Et plein d’autres encore…
Mais comme dit plus haut, les artistes sont mitigés concernant Hadopi, et le font savoir en signant une pétition.

« Au contraire, ces 86 artistes, auteurs et créateurs, bientôt rejoints par près de 700 internautes des milieux culturels, affirmaient qu’Hadopi « est contraire à nos pratiques, tout comme il est extrêmement méprisant des usages et totalement ignorant d’un monde simplement contemporain », que « l’œuvre est regardée, écoutée, partagée, comme jamais auparavant » et que de ce fait, « créateurs et regardeurs ne peuvent être filtrés par une loi obsolète et crétine. » Aucune réponse gouvernementale, sauf le mépris. Dans les discours officiels, les auteurs et les artistes sont toujours présentés comme partisans d’Hadopi, contre le téléchargement, pour la protection de leurs droits. »

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On en a parlé… (revue de presse datant de début 2010)
« L’Hadopi débutera dans les prochains mois une grande campagne de publicité multi-supports, destinée à contrebalancer par « un message positif explicatif » de masse les menaces personnalisées envoyés par la riposte graduée. D’abord donner la fessée, ensuite expliquer pourquoi.

Fin 2009, avant l’installation officielle de l’Hadopi, le ministère de la Culture avait ouvert un premier appel d’offres pour lancer rapidement une opération de communication massive. Mais en récupérant le dossier quelques mois plus tard, l’Hadopi avait préféré tout annuler en voyant le résultat, désastreux. Les agences sollicitées avaient soumis des projets de campagnes proches du fameux doigt d’honneur du SNEP de 2004, ou du pitoyable « Téléchargez-moi légalement » de 2005, dans laquelle les artistes ressemblaient à des chiots de la  SPA.
La BD en parle…
« Je n’avais pas entendu parler de ce projet de loi, du moins je ne connaissais pas son nom. Pour ce qui est de la question du livre numérique, à mon avis il faut d’abord se pencher sur la question qui prime, à savoir comment rémunérer et quantifier ce genre d’édition, comment établir ce genre de contrat qui pour le moment est malheureusement souvent intégré au contrat d’édition papier, pour les éditeurs et auteurs, avant de s’attaquer au piratage. (…)

Pour ce qui est de mon opinion à chaud, je n’ai qu’une chose à dire : le livre, la BD, a pour ceci d’incomparable à la musique qu’il ne peut être copié dans d’aussi bonnes conditions. L’objet, le papier, la qualité d’impression joue à mon avis en faveur d’une édition non piratée. Pour ce qui est de la musique, les seuls qui semblent en pâtir sont de grosses boites (de merde, désolée, mais c’est mon opinion), et évidemment leurs artistes. Heureusement la musique indépendante compte dans ses adeptes des personnes beaucoup plus éclairées et soucieuses du sort de leurs labels favoris et ne piratent que pour acheter plus tard. (…)Parler du droit des auteurs pour condamner le piratage est une vaste blague, limite du foutage de gueule. A mon avis les plus touchées sont de grosses boîtes qui ne récoltent que le fruit d’une production aveugle, de masse, faite pour vendre, en faisant fi de la qualité et de discernement. » TANXXX en 2009 (auteure de BD dessinée).

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Maintenant, c’est à vous de réfléchir sur ces différents articles, et de vous faire une vraie opinion concernant Hadopi.


Maintenant, on va juste rigoler avec les pub d’Hadopi qui sont, tout le monde pourra l’avouer, tellement ridicules et grotesques. A croire que les 3 millions de budget pub n’a servit qu’a fabriquer du lourd, du pitoyable et du burlesque. Elles font tellement « rire » qu’on en prendrait le message peu sérieux, peu touchant, et même, provoquerait sur le spectateur l’effet inverse : finalement, HADOPI, c’est important de ne pas la respecter.

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On commence par la presse papier : des milliers voire des millions de cartes postales disponibles gratuitement dans toutes les facs et les zones de fréquentation, avec :

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Evidemment, a ces cartes postales sont associées les pub télévisées, mettant en scène donc ces pauvres gamins qui ne pourront jamais s’exprimer librement si Hadopi n’existe pas. (Attendez attendez, je n’arrive pas à comprendre le rapport !)

 

Commentaires tirés de Youtube concernant ces vidéos.

« Sans HADOPI, peut-être que toute la scène artistique ne sera pas dévorée par des bouses commerciales, et que des artistes indépendants et talentueux pourront mieux se faire connaître sans galérer pendant des années, pour le bonheur de leur portefeuille et du public. »

Hadopi voudrait il nous faire culpabiliser d’être responsable de la mort d’une fausse artiste en devenir? Ne pas lui offrir la chance de chanter de la daube autotunée sur fond de gonzesses a poil? C’est cette culture que veut nous imposer Hadopi? Celle des majors qui broient les artistes, qui les créent de toutes pièces. Une culture du pornochic, de la vulgarité, du pognon a
outrance. Ces vieux en cols blancs se gavent sur le dos de la culture. Vive la culture, La vraie.

Puis, les internautes sont blagueurs et aiment bien parodier tout ce que qui bouge. Et forcément, Hadopi en prend pour son grade.

Captain Hadopi et super Hadopi, pour votre service. Les arguments exposés dans la 2 vidéos ne sont pas forcément d’actualité, ni très réalistes, mais ils vont de pairs avec la vidéo. Notez l’image des « pirates » que veut donner la HADOPI : un jeune boutonneux complétement débile n’ayant pas conscience de ce qu’il est en  train de faire.

Première vidéo: parodie de la célébre pub : Super HADOPI

Mozinor et Pascal le Grand frère s’y mettent pour toucher Hadopi. Ces deux dernières vidéos ne sont pas propagandistes.




C’est ainsi que s’achève cet article. Mais avant de vous lâcher, j’aimerai mettre votre imagination à rude épreuve. Je vous propose un jeu dont le but est simple : faire votre propre pub pour la promotion d’Hadopi, ou au contraire, son enfoncement. Vous pouvez utiliser les images, les vidéos, les textes et sloggans pour vous aider à réaliser votre pub ! Les trois meilleures seront publiées sur ce blog !! Je me permettrai de participer à ma façon aussi ! Alors n’hésitez pas, et à vos cerveaux ! Envoyez moi un email contenant votre pub à leprocrastinateur@rocketmail.com